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Syrie jeudi 21 février 2013

Tirs d’obus et attentat à la voiture piégée au cœur de Damas

AFP

A trois heures d’intervalle, un attentat à la voiture piégée a fait au moins 40 morts et deux obus ont frappé le siège de l’état-major syrien. Régime et opposition dénoncent l’attentat

Plus de 40 personnes, en majorité des civils, ont péri jeudi dans un attentat suicide qui a dévasté une artère près du siège du parti Baas à Damas. L’attentat a été suivi par la chute de deux obus de mortier sur le siège de l’état-major dans le quartier des Omeyyades à Damas, au surlendemain d’obus tombés près d’un palais présidentiel pour la première fois depuis le début du conflit il y a près de deux ans.

Ces attaques interviennent alors que s’intensifie la guerre civile qui déchire la Syrie, les rebelles multipliant leurs attaques dans la capitale, place forte du pouvoir, et l’armée bombardant violemment leurs positions en banlieue et sur les différents fronts dans le pays.

Vers 10h heure locale (9h heure suisse), heure de grande affluence dans le quartier commerçant de Mazraa, un kamikaze a fait sauter sa voiture remplie d’explosifs devant un barrage formé de blocs de béton obstruant l’entrée du siège du Baas, au pouvoir depuis un demi-siècle dans le pays.

Selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui s’appuie sur un large réseau de militants et médecins, l’attentat suicide a fait 42 morts, la plupart des civils et neuf membres des forces gouvernementales. La télévision officielle a fait état de 35 morts et 237 blessés.

Attentat dénoncé par le régime et l’opposition

L’attentat a fait exploser les fenêtres de l’ambassade de Russie, sans faire de blessés, selon des agences de presse à Moscou. La Russie est l’une des rares puissances appuyant le régime du président Bachar el-Assad et qui continue d’avoir une présence diplomatique à Damas.

Les médias officiels ont accusé des «terroristes» d’avoir mené l’attentat, reprenant la terminologie du régime qui assimile les rebelles qu’il combat à des «terroristes».

La Coalition de l’opposition a dénoncé elle aussi dans un communiqué l’attentat «terroriste», estimant que les attaques visant des civils étaient criminelles «quel qu’en soit l’auteur». Elle a évité d’accuser le régime comme elle le faisait d’habitude lors de ce genre d’attentat.

Des attentats meurtriers ont frappé ces derniers mois Damas, visant les bâtiments gouvernementaux, de renseignements ou de la sécurité, dont plusieurs ont été revendiqués par les jihadistes du Front Al-Nosra.

Entre-temps, l’opposition syrienne en exil était réunie au Caire pour discuter de la proposition de son chef Ahmed Moaz al-Khatib d’entamer des discussions avec le régime, qui selon lui doivent aboutir au départ de M. Assad.

Le régime syrien s’est dit prêt à dialoguer mais sans «conditions préalables», alors que le conflit armé déclenché par une révolte populaire durement réprimée ne donne aucun signe d’une solution politique en vue.

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