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états-Unis jeudi 10 février 2011

Barack Obama plébiscite le train à grande vitesse

La Maison-Blanche a présenté son plan à 53 milliards de dollars pour que les Etats-Unis restent compétitifs et pour créer des emplois

Faire redécoller l’Amérique grâce au train à grande vitesse. L’administration Obama a présenté mardi un plan d’investissement de 53 milliards de dollars sur six ans dans le développement d’un réseau TGV le long des côtes Est et Ouest. L’objectif à l’horizon 2025 est de garantir à 80% des Américains l’accès à des trains à grande vitesse.

Bien que le pays croule sous une dette publique de plus de 14 000 milliards de dollars, le président Barack Obama estime que les Etats doivent investir dans les infrastructures pour rester compétitifs à l’échelle mondiale. Or celles-ci ont été longtemps négligées, en particulier en matière de transports publics. A titre d’exemple, entre 1971 et 2008, les investissements dans ce secteur ne se sont élevés qu’à 58 milliards de dollars. De 1958 à 2008, 1300 milliards de dollars ont été injectés dans la construction d’autoroutes. La Maison-Blanche pense pouvoir répéter l’effet keynésien produit par les grands travaux autoroutiers lancés en 1956 par le président Eisenhower. Elle espère ainsi créer de nombreux emplois et donner de l’oxygène à une économie asphyxiée par les embouteillages. En 2007, les coûts des engorgements dans les zones urbaines ont été évalués à 87 milliards de dollars. Selon Barry LePatner, expert des questions de transports cité par le Christian Science Monitor, des études montrent qu’un investissement de un million de dollars dans les infrastructures produit de 18 000 à 34 000 emplois.

Le facteur chinois

Un autre facteur pousse l’administration américaine à vouloir développer les TGV: la Chine. Epouvantail de certains politiciens d’outre-Atlantique, celle-ci a fait du développement des trains à grande vitesse l’un des piliers de son plan de relance. Objectif: construire 30 000 kilomètres de voie ferrée pour TGV d’ici à 2020 pour un investissement de 300 milliards de dollars. D’ici à fin 2011, elle compte avoir déjà construit 13 000 kilomètres.

A l’heure actuelle, un seul TGV relie Boston à Washington, mais sa vitesse moyenne dépasse à peine les 100 km/h. Le plan Obama prévoit un réseau différencié permettant d’atteindre des vitesses allant de 200 à 400 km/h. Mais il risque de buter sur de nombreux obstacles.

Le principal sera le Congrès. Les républicains, qui ont reconquis la majorité de la Chambre basse, ont fait de la réduction de la dette et des déficits leur priorité. Le président républicain de la Commission des transports, John Mica, juge la compagnie nationale publique Amtrak digne d’une entreprise de «style soviétique». Si certains républicains sont favorables aux TGV, ils estiment que leur développement doit être financé par le secteur privé. Le milliardaire Warren Buffett, qui a investi 44 milliards de dollars en 2009 dans un groupe ferroviaire, reste pourtant convaincu: «La prospérité future de notre pays dépend de l’existence d’un système ferroviaire efficace et en bon état.»

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