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comment les patrons s’informent-ils? (9) jeudi 11 août 2011

«Il ne faut pas être victime de l’information»

(DR)

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Alfredo Piacentini, associé de la banque Syz & Co, commence sa journée devant CNBC

«Evidemment, mon intérêt est centré sur l’économie», commence Alfredo Piacentini. L’associé de la banque genevoise Syz & Co a une approche méticuleuse lorsqu’il s’agit de s’informer. Le tout pour ne pas se laisser submerger par les nouvelles «dont nous sommes pilonnés chaque jour» et se forger une idée objective et structurée. «C’est de cette manière que l’on peut forger une stratégie à long terme», explique-t-il.

Concrètement, cela se traduit par un cheminement quotidien bien précis à travers les médias. «Chaque matin, dès que j’ouvre un œil, je le tourne vers CNBC.» Une habitude à laquelle il ne déroge jamais. Puis, une fois arrivé dans son bureau, le banquier s’installe devant son poste Bloomberg.

«Ces deux médias ensemble donnent déjà une large idée des grands thèmes du jour.» La réunion quotidienne avec les cadres de la banque où s’expriment les gérants de fonds, les économistes et les analystes contribue au décorticage de l’actualité.

Une attitude posée

Le reste de la journée, il approfondit en lisant les journaux s’il a le temps. Mais, ensuite, il se garde d’avoir le nez sur les nouvelles. «Il ne faut pas être victime de l’information et s’emballer pour la nouvelle du jour. Cela rend réactif alors que nous devons être actifs.» Une attitude posée même dans les périodes de crise aiguë.

«En 2008, soit on avait anticipé les événements et adapté la stratégie, soit on est surpris. Mais dans ce cas, réagir immédiatement n’est pas forcément une bonne solution», affirme-t-il. Le réseau de contacts (amis, clients, brokers, partenaires commerciaux) est également fondamental pour s’informer dans le métier de banquier, ajoute-t-il.

Le week-end est consacré aux médias papier, surtout anglo-saxons, comme The Economist et Time. «Je lis souvent les articles de fond», explique-t-il. Mais le petit déjeuner du samedi matin est aussi le moment d’évacuer la pile des trois quotidiens – La Tribune de Genève, Le Temps et l’International Herald Tribune – auxquels il est abonné.

Question nouvelles technologies, le banquier est bien équipé, malgré les apparences. Sur la table, est déposé un vieux Nokia. Mais lorsqu’on lui pose la question, Alfredo Piacentini sort son iPhone de la poche – «c’est pour les e-mails» – et avoue avoir aussi un iPad – «un outil exceptionnel» – qu’il emporte avec lui lors de certains déplacements.

L’économie, c’est son quotidien. Mais les informations sur la mode et le «lifestyle» ont aussi leur intérêt. «Les changements de mode et de comportement des consommateurs nous aident dans notre analyse de l’investissement», explique-t-il. Et là, pas la peine de décortiquer les informations sur Internet ou dans les médias traditionnels.

Les enfants
comme boussole

«Une discussion avec les enfants qui sont des sources d’information exceptionnelles dans ce domaine est très utile», annonce-t-il.

Ce père de deux adolescents – une fille de 14 ans et un garçon de 13 ans – avoue qu’il a découvert des actions de sociétés comme Abercrombie & Fitch ou Crocs qu’il n’aurait pas analysées sans l’aide indirecte de ses enfants. De vrais «radars allumés» sur une zone qui échappe totalement aux adultes.

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