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Société jeudi 19 avril 2007

En Méditerranée à la recherche des cétacés

Julien Rapp

Eté 2006. C'est une histoire presque banale. Elle se passe en mer Méditerranée, au large de la Côte d'Azur. Un ferry vient de heurter un rorqual commun, deuxième plus grande baleine au monde. L'animal ne survivra pas. Chaque année, des dizaines d'accidents similaires se produisent entre navires commerciaux ou touristiques et cétacés. Et cela souvent au même endroit, dans un triangle maritime qui baigne les grèves ligures, la Côte d'Azur et les rochers corses.

C'est dans cette région que la Swiss Cetacean Society (SCS) organise durant cet été une dizaine d'expéditions scientifiques. Le public suisse est invité à y prendre part en tant qu'écovolontaire.

Le repas est servi

La zone est très particulière. En été, ses eaux regorgent de planctons et de krills. Les cétacés, dont c'est la nourriture de base, y convergent en masse. Plusieurs dizaines de milliers de dauphins et plus d'un millier de rorquals communs s'y retrouvent. Mais sur la côte italienne, le port de Gênes accueille et relâche quotidiennement des centaines de navires. Cétacés et bateaux se côtoient donc à longueur de journée. «C'est comme si l'essentiel de la biodiversité suisse se concentrait sur les plus grands axes autoroutiers», confie Marc-Olivier Bourcoud, président de la SCS. Or les mammifères marins fréquemment dérangés quittent les zones planctoneuses pour d'autres régions, moins propices à la reproduction. Ils se voient aussi contraints de plonger plus longtemps, et de nager rapidement, ce qui implique un stress supplémentaire.

Dans son programme en cours, la SCS étudie avec minutie l'impact du trafic intense des navires de marchandises, des ferries, des bateux de plaisance et de pêche sur les cétacés. Les données récoltées permettront de proposer des solutions concrètes pour la sauvegarde de l'écosystème marin.

De vrais moussaillons

La SCS, qui fête cette année ses 10 ans, repose sur un principe simple. «Le monde politique peut agir pour réglementer avec fermeté les activités maritimes humaines. Mais il lui faut pour cela disposer d'informations fiables par voie scientifique», explique Max-Olivier Bourcoud. Son association offre aux scientifiques un soutien logistique, sous forme de bateaux, de fonds, et surtout de personnel humain.

Le public suisse est en effet invité à participer pleinement au programme d'expériences scientifiques. Identification d'après photo, observation, prélèvements ou enregistrements sonores, voire préparation des repas: sur les voiliers de la SCS, les écovolontaires sont actifs. L'occasion pour eux de mieux connaître et admirer baleines et dauphins en liberté, tout en s'engageant pour leur conservation.

La SCS propose aussi des stages d'écologie marine pour adolescents et adultes. Ceux-là partiront en expédition en voilier, puis effectueront des randonnées sous-marines à la découverte de l'écosystème. De quoi les sensibiliser sur le terrain aux problèmes de pollution.

Expéditions «Baleines et dauphins de Méditerranée» (7 jours), entre le 7 juillet et le 24 août: pour les plus de 18 ans, 1200 francs (tout compris à bord). Ateliers d'écologie marine (10 j.): pour les14-16 ans, du 21 au 31 juillet; pour les 12-14 ans du 1er au 11 août; ateliers pour tout âge (7 j.), du 7 au 13, et du 14 au 20 juillet; coût: 1150 fr. ou 1050fr. (moins de 14 ans). Infos: http://www.swisscetaceansociety.org; 021/3118407.

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