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Editorial lundi 13 février 2012

Le défi existentiel de la RTS

Pour l’auditeur ou le télé­spectateur, la fusion RSR-TSR ne signifie toujours pas grand-chose. Entamée en 2009, la longue marche vers la Radio Télévision Suisse, RTS, n’a pas d’incidence sur les programmes, hormis quelques opérations spéciales, à l’occasion de festivals ou des élections fédérales. Le 29 février, avec la disparition des labels historiques RSR et TSR, elle prendra une forme plus visible. Affaire de logo. Mais encore?

Les responsables du service public romand réagissent d’abord à une pression croissante. Le débat récurrent sur la redevance a contraint les stratèges de l’audiovisuel à donner un signe. Certes, ils ne cessent de dire que les économies ne constituent pas le motif central de leur «convergence». Mais ils se doivent de prouver leurs efforts, en rationalisant une radio et une télévision dont les tailles n’avaient cessé d’enfler. Que la réorganisation ait vraiment permis de revigorer les mécanismes du géant public reste à prouver.

De fait, le principal enjeu réside dans les nouveaux modes de consommation. Internet n’en finit pas de bousculer la sphère médiatique. De par la nature de ses émissions, l’audiovisuel est frappé de manière encore plus frontale que la presse écrite, par exemple. La Toile fait fondre les particularités des productions audio ou vidéo. Elle les fusionne, pour les porter plus loin, plus large; sur des écrans inexistants il y a seulement quelques années.

Avec une part de marché de près de 60% pour RTS La Première, et 29% pour RTS1, le diffuseur public demeure encore maître sur ses terres. A tort ou à raison, ses directeurs pensent qu’ils doivent conserver cette domination de l’audience. Or, le flux de sons et d’images devient liquide, il fuit de la salle de bains ou du salon pour s’écouler dans le bus, le train ou la chambre des enfants – sur leur PC.

Internautes et mobinautes jouissent désormais d’une offre face à laquelle même les promesses d’expansion de la radio et de la télévision numériques paraissent limitées. Dans cette dilution générale des sons et des images, la SSR, donc chacune de ses entités, doit se démener pour exister. Non sans débat sur le périmètre réel dans lequel le service public audiovisuel, financé aux deux tiers par une taxe bientôt généralisée, peut et doit évoluer. ö Page 3

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