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Discrimination jeudi 06 décembre 2012

Les Yéniches, Manouches et Roms sont stigmatisés

ATS

(Keystone)

(Keystone)

De nombreuses personnes issues de ces minorités préfèrent de ce fait taire leurs origines. Les médias sont montrés du doigt

Les Yéniches, les Manouches et les Roms sont gravement stigmatisés en Suisse, dénonce la Commission fédérale contre le racisme (CFR). La situation est telle que de nombreuses personnes issues de ces minorités préfèrent taire leurs origines pour éviter des manifestations racistes.

Les médias portent une responsabilité particulière, indique jeudi la CFR à l’occasion de la publication de son bulletin «Tangram». Celui-ci révèle les premiers résultats d’une étude de l’Université de Zurich qui s’est penchée sur les comptes-rendus de presse traitant des Roms.

Les articles se concentrent sur les «comportements déviants» des populations en question, déplore la CFR. En outre, ils donnent la parole aux acteurs politiques, à la police, mais très rarement aux Roms. Au final, la moitié des contributions analysées véhiculent un message stéréotypé et mettent en relation les comportements déviants avec la culture et la mentalité des Roms, souligne la CFR.

C’est en préparant ce numéro de «Tangram» que la CFR s’est rendue compte que de nombreux Yéniches et Roms vivant de manière sédentaire ne souhaitaient pas témoigner pour éviter de dévoiler leurs origines, souligne la responsable de la communication, Joëlle Scacchi. Il était particulièrement difficile de trouver des personnes acceptant de se faire photographier, poursuit Mme Scacchi.

Manque d’aires de stationnement

La CFR dénonce par ailleurs le manque d’aires de stationnement et de transit. Ce sont surtout les cantons romands qui peinent à mettre en place de tels lieux, précise Mme Scacchi.

Ils sont pourtant nécessaires pour les 3000 à 5000 Yéniches et Manouches/Sintés d’une part et pour les caravanes des groupes roms de passage à la belle saison d’autre part.

Et la CFR d’appeler à plus de sérénité dans le débat public et de prier les médias d’éviter les amalgames et les «étiquettes stigmatisantes». «Les abus de quelques individus ne doivent pas porter préjudice à l’ensemble de ces communautés ni légitimer des politiques discriminatoires», conclut la CFR.

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