«Les élites suisses n’ont pas voulu voir la réalité !»
Propos recueillis par Y. P.
Les explications de Thomas Held, directeur d’Avenir Suisse
Le Temps: Comparer la Suisse à la RDA, c’est un peu fort, non?
Thomas Held: Je l’admets. Ce que je voulais mettre en évidence, c’est la dynamique de la communication, comme lors de la chute du Mur, qui vous échappe à un certain moment parce que l’on n’a pas fixé d’objectif ni anticipé et réfléchi aux effets de ce que l’on va dire. Une erreur et c’est comme une chute de dominos! Quand on a vu la crise financière et les difficultés avec nos voisins autour du secret bancaire, en 2008 et 2009, il était encore temps d’anticiper. On percevait bien que notre environnement changeait: les «deals» devenaient la règle et plus l’Etat de droit. De nouveaux acteurs sont apparus: les régimes autoritaires, des systèmes opaques et imprévisibles comme les fonds souverains. Les rapports internationaux se sont durcis.