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Jean-Jacques Rousseau samedi 17 mars 2012

L’inventeur de mondes

(Gilles Lepore)

(Gilles Lepore)

Un numéro spécial à la rencontre des textes et des univers de Jean-Jacques Rousseau

Célébrer un tricentenaire, qui plus est d’un des plus illustres citoyens de Genève, c’est inévitable, de l’exercice imposé. C’est pourquoi il faut insister ici sur le plaisir que nous avons eu, préparant ce numéro spécial du Samedi Culturel, à nous plonger dans la vie et dans les œuvres de Jean-Jacques Rousseau. Nous avons réveillé nos souvenirs scolaires, nous les avons secoués et nous avons rencontré, avec l’aide de nos interlocuteurs, une matière d’une richesse étonnante, pleine d’intelligence, d’élans, de paradoxes, de contradictions, d’humour, de souffrances et de bonheurs intenses.

Nous avons voulu, dans ce numéro, aller au plus près de ce qui demeure de Rousseau, c’est-à-dire ses textes. Nous avons tenté de contourner les a priori sur le personnage pour se demander vraiment quelle était cette œuvre. D’où le parcours que nous vous proposons (p. 38 à 40) à travers certains de ses grands livres.

Nous devons à Jean-Jacques Rousseau de belles rencontres. En premier lieu, cet entretien exceptionnel et généreux avec le professeur Jean Starobinski, auteur de Jean-Jacques Rousseau: la transparence et l’obstacle, sans qui les études sur Rousseau ne seraient pas ce qu’elles sont. Avec ses successeurs ensuite, les professeurs Alain Grosrichard, qui nous emmène au cœur du style de l’écrivain (p. 36-37), et Martin Rueff, qui arpente La Nouvelle Héloïse (p. 40). Gauthier Ambrus, un jeune chercheur qui s’est glissé dans la plume de Rousseau, répond, au fil des pages de ce numéro, à d’impertinentes questions d’actualité, de l’affaire DSK à l’autofiction en passant par Wikipédia (p. 36 à 44).

L’écrivain Stéphane Audeguy nous invite à relire Rousseau en restant attentif à son humour (p. 41); l’érudit Guillaume Chenevière l’inscrit dans l’histoire de Genève (p. 42-43) et, pour finir, le cinéma lui rend sa jeunesse (p. 44)! Bonne lecture de ce supplément et peut-être, ensuite, de Rousseau lui-même…

Un destin au pas de course

1712 «Je coûtai la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes malheurs.» Ce passage des Confessions est fameux. Jean-Jacques naît du mariage d’Isaac et de Suzanne

1728 Presque le bonheur. Jean-Jacques est accueilli par Madame de Warens à Annecy. Il va se déniaiser auprès de celle qu’il appellera bientôt «maman»

1749 Presque la reconnaissance. D’Alembert lui demande d’écrire un article sur la musique pour l’Encyclopédie

1750 Premières lumières, premier scandale. Il participe à un concours organisé par l’Académie de Dijon. Il y présente le Discours sur les sciences et les arts. Sa thèse sur l’art corrupteur déclenche une querelle

1761 La gloire ou presque. Il publie La Nouvelle Héloïse. Julie et Saint-Preux sont les héros de la jeunesse de l’époque. Rousseau tient son best-seller

1766 Le temps des aveux. En exil à Londres, il commence la rédaction des Confessions, dans le plus grand secret

1768 Le temps des solitudes. De retour en France, il se sent persécuté. Il parlera de complot universel

1778 Le ravissement et la mort. Il écrit pour lui Les Rêveries du promeneur solitaire . Il meurt le 2 juillet

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