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innovation mercredi 16 avril 2014

Berne adopte sa stratégie Open Data

Alain Berset, dont le département héberge les Archives fédérales suisses, et l’Office fédéral de la statistique soutiennent l’ouverture des données. (Keystone)

Alain Berset, dont le département héberge les Archives fédérales suisses, et l’Office fédéral de la statistique soutiennent l’ouverture des données. (Keystone)

Le Conseil fédéral a approuvé sa politique de libre accès et de réutilisation des données publiques pour la période 2014-2018. Il vise à accroître la transparence et l’efficacité des activités de l’administration

Après des débuts hésitants, la Confédération s’engouffre tête baissée dans l’Open Data. Le Conseil fédéral a adopté mercredi sa stratégie de libre accès aux données publiques pour la période 2014-2018. Le gouvernement veut favoriser la libre réutilisation de ces données brutes à des fins de transparence et d’efficacité des activités de l’administration.

Cette décision intervient sept mois après l’inauguration, le 16 septembre 2013, du portail pilote Open Data de la Confédération. Baptisé OGD@Confédération, cette plate-forme a été initiée par les Archives fédérales, l’Office fédéral de la statistique, MétéoSuisse et Swisstopo. Elle offre, de manière centralisée, l’accès libre aux données publiques produites par les offices partenaires. La Confédération avait investi 180 000 francs dans ce projet qui compte désormais de nouveaux fournisseurs de données.

Quelques jours avant l’inauguration du portail pilote, le Conseil fédéral avait chargé l’Unité de pilotage informatique de la Confédération (UPIC) d’élaborer avec les Archives fédérales et la Chancellerie fédérale une stratégie nationale de libre accès aux données publiques pour coordonner le développement des données publiques en libre accès. Mission accomplie aujourd’hui avec le concours de la Confédération, des cantons et communes, ainsi que des représentants des milieux économiques et scientifiques.

Un levier d’innovation

La Suisse se dote ainsi d’une politique Open Data jusqu’en 2018. Elle renforcera «la position de la Suisse dans l’économie mondiale de l’information», peut-on lire dans le communiqué. Cette stratégie aux avantages indéniables permettra «aux entreprises novatrices de développer leurs prestations en matière d’information», ajoute le communiqué. «Elle fournira également des bases pour la recherche scientifique» tout en offrant «aux citoyens, aux partis politiques et aux médias davantage de transparence sur les activités du gouvernement et de l’administration.»

La Confédération entend donc favoriser un accès facile et fiable aux données, dans un format ouvert, intelligible par des machines. Le tout sur une plate-forme unique. A l’instar du portail OGD@Confédération. Pour celui-ci, les Archives et leurs partenaires ont utilisé la technologie développée par l’Open Knowledge Foundation (OKFN). L’organisation, basée à Londres, chapeaute au niveau mondial les mouvements militant pour l’ouverture des données. L’OKFN a développé le système CKAN. Ce logiciel open source, c’est-à-dire non soumis à un contrat d’exploitation sous licence, permet de créer des catalogues de jeux de données.

Renforcer le portail de données existant

Chaque base de données cataloguée dans CKAN contient une description des informations, telles que les formats disponibles, le producteur ou les thématiques. Sur la page d’accueil, chacun dispose d’une vue exhaustive du catalogue de données disponibles: météorologie, géoinformation, statistique, transports, criminalité, environnement et énergie. Selon l’intérêt, on accède directement à l’interface gérée par les partenaires du projet.

Ces quatre prochaines années, le Conseil fédéral entend renforcer le portail OGD@Confédération et l’étendre à d’autres offices. «Les conditions juridiques, organisationnelles, financières et techniques de la production de données dans les différentes unités administratives seront vérifiées et adaptées si nécessaire», détaille le communiqué. Quant à la mise à disposition et la publication des données, elle se fera à partir de la plate-forme Open Data nationale.

C’est l’UPIC qui dirigera la mise en œuvre de la stratégie dans les départements et services fédéraux compétents. Les travaux préparatoires devraient être terminés d’ici la fin de l’année. Quant aux mesures de mise en œuvre proprement dites, elles seront coordonnées de manière centralisée par les Archives fédérales à partir de 2015. Les cantons, les communes, ainsi que la communauté des utilisateurs de données publiques et les milieux économiques seront associés au processus.

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