Dans un recueil d'essais brillants, l'écrivain zurichois passe la littérature suisse au crible de sa critique. Il n'épargne pas ses contemporains qu'il confronte aux auteurs du passé avec rigueur et humour. Entretien
Hugo Loetscher habite depuis trente ans dans un îlot de la vieille ville de Zurich, cerné par les boutiques de luxe, mais qui a échappé aux rénovations exorbitantes. De là, il part régulièrement pour de grands voyages dans le monde entier. Romancier, journaliste, il a publié plus de vingt livres dont une dizaine ont été traduits en français. Le prochain sera un recueil de poèmes, son premier! Passionné par l'image, il a dirigé la Fondation suisse pour la photographie. Né en 1929 dans un quartier populaire de Zurich, il est de la génération d'Adolf Muschg et de Paul Nizon, celle qui a dû se situer face à Frisch et Dürrenmatt. Aujourd'hui, à 74 ans, il reste alerte et pugnace. Pour lui, la Suisse n'est pas une prison et il ne considère pas la vie comme une douloureuse conquête des sommets. Lesen statt klettern – Lire plutôt que grimper – c'est le titre de son dernier livre, un recueil d'essais sur la littérature suisse, de Thomas Platter aux contemporains (lire ci-dessous). Un ouvrage qui rencontre un vif succès en Suisse allémanique, sans doute parce que les lecteurs espèrent y trouver quelques méchancetés bien tournées. Et, en effet, ils ne seront pas déçus: Loetscher manie l'ironie avec brio et précision.|
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