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l’oeil du sport vendredi 02 mars 2012

Servette et Majid Pishyar, fin brutale de quatre années

Ariane Pellaton avec agences

L’espoir demeure. La voie reste ouverte pour des repreneurs. (Keystone)

L’espoir demeure. La voie reste ouverte pour des repreneurs. (Keystone)

En grande difficulté financière, le Servette FC a déposé son bilan. Pourparlers avec repreneurs en cours

Majid Pishyar jette l’éponge. Le Servette FC a déposé hier son bilan auprès de la Chambre commerciale du tribunal de première instance de Genève. Le cabinet d’avocats du club précise dans un communiqué signé par Me Dominique Warluzel que le président et unique actionnaire, Majid Pishyar, «a fait abandon de l’intégralité de ses créances envers le club». Comme cela avait été avancé mercredi, le Servette Football Club 1890 SA est à vendre. «Des pourparlers avancés se poursuivent avec des tiers partenaires et/ou investisseurs.» D’éventuels repreneurs auraient déjà été en contact avec le juge en charge du dossier. Il s’agirait, selon différentes sources, d’un Suisse et d’un étranger, Portugais plus précisément. Le conseiller d’Etat genevois Charles Beer agit «en bons offices» et s’emploie à fédérer les énergies autour d’une éventuelle reconstruction. Ces repreneurs auraient déjà été en contact avec le juge en charge du dossier, selon certaines sources.

Sur le plan sportif, le championnat continue. Les joueurs ont décidé de se déplacer à Thoune samedi pour le compte de la 23e journée, avec l’accord de la Swiss Football League. Au-delà, une décision de justice est attendue la semaine prochaine. A la tête des Grenat depuis quatre ans, Majid Pishyar affirme, sur le site de Servette, avoir «tout tenté pour assurer le futur du club».

Se référant à l’appel au gouvernement et aux milieux économiques genevois lancé début février, il poursuit: «Ce soutien a malheureusement été au-dessous de mes attentes.» Alors que le Servette FC aurait pour plus de 1,7 million de dettes inscrites à l’Office des poursuites, alors qu’une demande de mise en faillite sans poursuite préalable a été déposée mercredi par la société italienne GIB Sportswear pour des factures impayées, Majid Pishyar confirme aujourd’hui les questions qui se sont imposées dès ses débuts. S’il a ramené le 31 mai 2011 le club en Super League, l’homme d’affaires iranien a cristallisé autour de sa discrétion et son opacité les interrogations, pour ne pas dire les doutes.

Ses antécédents dans le football, en Autriche, à Admira Wacker, dont il était propriétaire et où il disposait des pleins pouvoirs – en bouée de sauvetage –, ont très tôt fait craindre le pire, dans des circonstances qui ne sont pas sans rappeler le contexte de Servette: le président en vient à briller par son absence. En 2006, Admira Wacker sombre sportivement et est relégué en 2e division, au printemps 2007, les salaires des joueurs ne sont plus payés.

Le club est placé en liquidation en novembre, affichant des dettes de 3,4 millions d’euros. Dans le même temps, Majid Pishyar commence à investir dans le Servette FC. En juillet 2008, le président Francisco Viñas et son comité refusent de lui vendre le club, avant de céder en septembre 2008, Majid Pishyar devenant alors actionnaire unique et nouveau président du Servette FC. Faute d’autres solutions.

Cette approche, l’Iranien l’a répétée en mai 2011. Majid Pishyar se porte acquéreur du SC Beira Mar, club de 1re division portugaise. Dans quels buts? D’après Le Matin du 16 février dernier, le projet de l’Iranien n’aurait accouché que de promesses, les joueurs n’ayant pas touché leur salaire, comme certains ces dernières semaines à Servette.

En septembre 2010, Majid Pishyar déclarait au Temps: «Servette sera champion en 2014, je le sais. Nous ne gagnerons pas la Ligue des champions en 2018, mais nous irons planter notre drapeau partout dans les villes d’Europe.»

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