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Réseaux sociaux mardi 28 septembre 2010

SmallRivers, de l’eau au moulin des médias

L’équipe de SmallRivers (Renaud Richardet, Sérgio Domingos et les deux fondateurs Edouard Lambelet et Iskander Pols, de gauche à droite) . (Eddy Mottaz)

L’équipe de SmallRivers (Renaud Richardet, Sérgio Domingos et les deux fondateurs Edouard Lambelet et Iskander Pols, de gauche à droite) . (Eddy Mottaz)

Le journal «à son image» préfigure un nouveau modèle pour les éditeurs

Ils sont des millions. Simples individus ou starlettes, blogueurs influents ou parfaits inconnus, ils alimentent chaque jour un flux ininterrompu d’actualités sous forme d’images, de vidéos et de messages réduits à 140 caractères. Un foisonnement qui fait de Twitter le réseau de mini-messages parmi les plus populaires. Difficile, pour l’utilisateur averti comme pour le néophyte, de se repérer dans cette véritable jungle. Au Parc scientifique d’Ecublens, une jeune entreprise a l’ambition de dompter ce flux d’informations grâce à un service web, nommé paper.li, qui permet de créer un véritable journal en ligne, organisé et répondant aux centres d’intérêt de ses lecteurs.

Le modèle de SmallRivers? C’est du côté des médias traditionnels qu’il faut le chercher. La start-up ne crée pas de contenu mais se charge de toutes les autres tâches dévolues à un éditeur: sélection des informations, hiérarchisation et publication selon les attentes du lecteur. En quelques secondes, un internaute disposant d’un compte Twitter peut générer, sous la forme d’un journal d’actualité rubriqué, les nouvelles les plus importantes de son réseau et toutes celles susceptibles de l’intéresser. «Nous gérons un peu plus de 2 millions de liens par jour et analysons systématiquement le contenu pour déterminer les 50 partages les plus pertinents», explique Edouard Lambelet, patron et cofondateur de la jeune entreprise lausannoise.

Faire le tri dans le contenu

Principale difficulté pour Small­Rivers: «réduire le bruit», c’est-à-dire le brouhaha d’informations futiles voire parasites. La société a trouvé la parade en appliquant un filtre spécifique et un algorithme moulinant une vingtaine de critères pour déterminer la pertinence d’une information, l’application accordant une forte pondération aux groupes d’influence. «Notre algorithme permet d’analyser le profil social d’une personne, pour le contenu qu’elle produit et consulte, dans un laps de temps donné. Nous cherchons à mesurer quelle «vibration» a eue un contenu, tant en termes de qualité que de quantité, c’est-à-dire le nombre de fois que l’information a été reprise et partagée», souligne l’entrepreneur. Paper.li met ainsi en évidence des contributions d’auteurs influents dans les domaines qui intéressent le lecteur.

L’application utilise également une autre voie pour classer et agréger le contenu: les «hashtags», qui permettent de mettre en évidence des informations associées à un mot-clé, comme «#football» ou «#Dexter», par exemple.

SmallRivers aurait-elle trouvé le modèle du futur pour les éditeurs? La start-up se targue de compter plus de 70 000 utilisateurs enregistrés et plusieurs millions de pages vues par mois. Une influence qui se traduit par la croissance récente de la société. L’entreprise compte 6 collaborateurs et demeure à la recherche de compétences. Si la société n’est pas encore rentable, elle table sur l’introduction de services payants dans une version améliorée de son service, la version actuelle étant financée par la publicité.

Des investisseurs prestigieux

Les petites rivières de SmallRivers commencent à former de grands fleuves. Autour de Xavier Niel – fondateur du groupe Iliad, propriétaire de Free et futur propriétaire du Monde – et du fonds Venture Incubator, un consortium d’investisseurs a misé sur la start-up au début de l’été pour un montant important mais non divulgué. Et les vannes ne semblent pas près de se fermer. «Un groupe de médias anglo-saxon nous a approchés pour intégrer l’application dans son processus de production», indique Edouard Lambelet.

Selon ce dernier, Twitter n’est qu’une étape préalable à l’intégration d’autres sources d’information. La société est en train de constituer son comité consultatif dont le premier membre annoncé n’est autre que Guy Kawasaki, capital-risqueur de la Silicon Valley, blogueur américain et ancien responsable marketing d’Apple.

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