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genève jeudi 10 février 2011

Une agence d’aide liée à l’OMC ferme ses portes

L’ancienne directrice réclame une réparation de 2 millions de francs à la Suisse

L’Agence de coopération et d’information pour le commerce international (ACICI), c’est fini, a appris Le Temps. Créée en 1998 à Genève à l’initiative de feu Jean-Pascal Delamuraz, elle a aidé à la formation de dizaines de diplomates des pays pauvres dans la négociation commerciale. Alors que les grands pays disposent de bataillons d’experts pour participer aux travaux à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les plus petits pays n’ont même pas de représentation à Genève. Les délégués envoyés des capitales ne maîtrisent souvent pas ni les détails techniques ni les enjeux. Pour ces derniers, l’ACICI était d’une aide indispensable. L’agence tournait avec un budget annuel de 5 millions de francs et comptait jusqu’à 18 cadres en 2009.

Plusieurs facteurs expliquent la fin de l’ACICI, à commencer par la baisse d’intérêt des donateurs. Certains d’entre eux, l’Irlande par exemple, ont été frappés par la récession de 2008-09 et ont fermé leur robinet d’aide. Mais pour un ancien cadre, un financement alternatif aurait été possible grâce à une éventuelle adhésion de l’Inde à l’agence. Mais la Suisse n’en a pas voulu.

«La demande indienne était invalide au regard des exigences formelles du droit international», répond par écrit le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Selon des diplomates originaires de pays mécontents de la fermeture d’ACICI, la Suisse leur a fait croire que l’agence n’était pas menacée alors même qu’elle travaillait activement à sa fermeture. Pour la petite histoire, il s’agit de la première organisation intergouvernementale à avoir fermé ses portes.

Selon les témoignages de certains anciens cadres de l’ACICI, les relations entre Berne et la directrice de l’agence, la Mexicaine Esperanza Duran, se sont détériorées au fil des années à un point de non-retour. Le Seco ne cache pas le conflit et explique que le contrat de la directrice n’a pas été renouvelé par le conseil d’administration en 2009.

Tribunal saisi

L’affaire n’est pas terminée puisqu’Esperanza Duran conteste cette décision auprès du Tribunal d’arbitrage de l’ONU et réclame un dédommagement de 2 millions de francs à la Suisse.

Le Seco ne fait pas grand cas de la disparition de l’ACICI. «Plusieurs pays parmi les moins avancés (PMA) sont entre-temps devenus membres de l’OMC et ont moins besoin d’assistance», explique-t-il dans sa note envoyée au Temps. Il fait aussi remarquer que Genève ne manque pas d’organisations qui aident les PMA dans le contexte de l’OMC et qui sont financées notamment par la Suisse.

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