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europe mercredi 26 octobre 2011

Recapitalisation des banques dans l’UE avant juin 2012

Richard Werly Bruxelles

Angela Merkel, la chancelière allemande, détient les clés du sommet de crise européen (AFP)

Angela Merkel, la chancelière allemande, détient les clés du sommet de crise européen (AFP)

La première partie du sommet européen de mercredi a confirmé les critères et le calendrier de la recapitalisation bancaire rendue indispensable par la décote de la dette grecque

Angela Merkel l’avait répété dés son arrivée à Bruxelles mercredi soir: « Beaucoup de problèmes resteront à régler » à l’issue du sommet des Chefs d’Etat ou de gouvernement de la zone euro, dont les débats devaient s’achever tard dans la nuit. La confirmation n’a pas tardé. Sitôt achevé la première réunion, au niveau des Vingt-Sept, le premier ministre Polonais Donald Tusk, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE, a demandé à nouveau de la « patience » aux marchés. « Nous sommes très proches d’un accord politique, mais la complexité de tous les mécanismes demandera du temps» a-t-il expliqué. Nuance de taille après les promesses d’« accord global » réitérées par la France qui accueillera, les 3 et 4 novembre, un sommet crucial du G20 à Cannes.

Point clef toutefois: le cadre de la recapitalisation des « banques systémiques » - soit les établissements les plus exposés aux dettes souveraines parmi les 90 audités lors des stress-tests bancaires de juillet - est fixé. Le montant total des capitaux requis, évalué le 22 octobre par les ministres des finances de l’UE à 108 milliards, n’a pas pu être acté, vu que les négociations avec les créanciers privés sur une décote supplémentaire de la dette grecque n’ont pas été finalisés à temps. Une date butoir, celle du 30 juin 2012, a en revanche été avalisée. D’ici là, les banques concernées devront avoir atteint un « tier ratio » ce 9% qui les obligera à augmenter sérieusement leurs fonds propres « durs ». Cette opération « temporaire », destinée à servir de bouclier sur fond de crise des dettes souveraines, pourra être ponctuellement appuyée par le Fonds européen de stabilité financières (FESF), dont le renforcement est le sujet le plus compliqué à l’agenda de la zone euro: « Le FESF pourra apporter, en dernier ressort, le complément nécessaire » a confirmé le premier ministre Donald Tusk. Les besoins des banques seront calculé sur la base d’une valeur d’actifs au 30 septembre.

Le caractère « provisoire » du dispositif signifie qu’il s’insère dans le paquet promis par les dix-sept pays dotés de la monnaie unique. Il s’agit, en clair, d’une recapitalisation liée à la restructuration de la dette grecque, même si l’anticipation des règles de Bâle III reste envisagée. Un paragraphe entier des conclusions approuvées par les Vingt-Sept insiste sur la nécessité pour les superviseurs nationaux et pour l’Autorité bancaire européenne de surveiller les flux de crédits à l’économie réelle. Le risque d’une récession aggravée par la contraction du crédit hante les responsables européens, alors que les nuages se sont accumulés ces jours ci sur la dette italienne dont le montant (1900 milliards d’euros) n’a rien à voir avec celui de la dette grecque aux environs de 300 milliards.

La partie maintenant, s’annonce serrée entre la Grèce, ses créanciers privés et les institutions européennes. Entamées ce week-end, les négociations sur une décote de la dette hellénique, qui pourrait atteindre 60% contre les 21% envisagés initialement le 21 juillet, restent très épineuses. Acquis, le déblocage imminent de la prochaine tranche de prêts de huit milliards d’euros (la sixième sur les 110 milliards du premier plan d’aide adopté en mai 2010) n’a en rien dissipé les inquiétudes sur l’incapacité d’Athènes à faire face à ses échéances. « Les Grecs font des efforts surhumains » a rappelé à Bruxelles, dès son arrivée, le premier ministre George Papandreou., en hommage au courage de ses concitoyens. Les banquiers qui ont prêté à la Grèce, pressés d’accepter volontairement des « sacrifices importants » selon les mots du luxembourgeois Jean-Claude Juncker, attendent à l’évidence les détails des solutions européennes si souvent incomplètes jusque-là.

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