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Attentat mardi 27 avril 2010

Le futur centre de recherche IBM sur les nanotechnologies visé

Trois personnes en provenance d’Italie ont été arrêtées il y a dix jours. Elles sont soupçonnées d’avoir planifié un attentat à l’explosif contre le centre IBM à Rüschlikon. Apparemment, le futur laboratoire de recherche dédié aux applications électroniques de la nanotechnologie était visé

Le centre de recherche européen d’IBM à Rüschlikon et son futur site dédié aux nanotechnologies auraient pu être la cible d’un attentat à l’explosif. Bernhard Elsener, le président de la commune située à une quinzaine de kilomètres de Zurich, l’a confirmé lundi à la Zürichsee-Zeitung: «J’ai été informé vendredi soir par IBM qu’un groupement attribué à l’éco-terrorisme avait prévu un attentat contre le siège de l’entreprise. La globalisation et ses effets négatifs sont aussi arrivés à ­Rüschlikon», a-t-il déclaré.

Lors d’un contrôle apparemment de routine, la police zurichoise a arrêté le 15 avril déjà deux hommes et une femme dans une voiture en provenance d’Italie. Selon le Sonntagsblick, qui a révélé l’affaire, les policiers ont découvert une grande quantité d’explosif, ainsi qu’une lettre de revendication d’un groupement italien qualifié d’éco-terroriste et dénommé «Il Silvestre». Le groupe est connu de la justice italienne depuis plusieurs années et compterait dans ses rangs des défenseurs prêts à la violence de la nature et des animaux. Les trois personnes interpellées, dont l’un est un citoyen suisse domicilié en Italie, sont en détention préventive. Le Ministère public de la Confédération, qui a repris l’enquête des autorités zurichoises, ne donne pas de détails pour le moment.

IBM, en partenariat avec l’EPFZ, est en train de construire, pour 94 millions de francs, un nouveau laboratoire qui sera consacré aux applications en électronique des nanotechnologies. Le terme désigne l’ensemble des techniques permettant de manipuler les atomes et les molécules dans le but de créer de nouveaux produits. Dans une course à la miniaturisation, le géant informatique espère mettre au point le transistor du futur. Le centre devrait être inauguré en 2011.

Mouvance anarchiste

Pourquoi les trois personnes interpellées ont-elles choisi le géant de l’informatique établi depuis 1956 à Rüschlikon, sur la rive gauche du lac de Zurich? La multinationale américaine représente une cible de choix pour un groupe situé dans la mouvance anarchiste. Et les nanotechnologies, comme les OGM, se prêtent bien à une diabolisation de la recherche.

Les activistes italiens, si telle était leur intention, ont pourtant mal choisi leur cible. «De toutes les applications des nanotechnologies, celle qui vise à diminuer la taille des microprocesseurs est celle qui présente le moins de risques de dissémination de particules. Tout se passe à l’intérieur d’une matrice solide, il n’y a rien de volatil», explique Michael Riediker, chercheur à l’Institut universitaire romand du travail et responsable du réseau européen de recherche sur les particules Nanoimpact. «Il existe d’autres entreprises qui créent des choses plus dangereuses, mais qui ne sont pas encore sur le marché. Dans le domaine des nanoapplications, on a lancé la recherche sur les effets négatifs avant que les produits ne soient commercialisés. Par exemple pour les crèmes solaires qui utilisent les particules d’oxyde de titane pour bloquer les rayons ultraviolets.»

L’Institut universitaire romand du travail a mis au point des directives pour les quelque 600 entreprises industrielles suisses qui travaillent déjà avec des nanoparticules. Cela représente quelque 1300 personnes touchées. Le Fonds national a lancé à la fin de l’année dernière un Programme national de recherche consacré aux bénéfices et aux risques des nanomatériaux. Doté de 12 millions de francs, il vise à combler les lacunes dans les connaissances actuelles lors de la fabrication, l’utilisation et l’élimination de produits basés sur des nanomatériaux.

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