L’écrivain canadien a bâti une bibliothèque hors du commun, trente mille livres, autant de voix qui peuplent un ancien presbytère. Visite amoureuse
Les livres sont disposés entre les murs d’une ancienne grange restaurée. Par milliers, ils vous regardent dans une salle plongée dans la pénombre. Depuis le sol jusqu’aux dernières hauteurs de la pièce, l’enchaînement interminable de titres laisse le visiteur rêveur. Aux romans et aux essais en anglais suivent ceux en espagnol et en italien. Ailleurs, le portugais et d’autres langues encore surgissent dans une Babylone littéraire qui coupe le souffle. Pour le retrouver, il faut contempler la campagne d’une harmonie imparable qui entoure ces lieux où le temps semble s’arrêter. Pas loin de là, à une dizaine de mètres, voilà un presbytère du XIVe siècle, où le maître des lieux a élu domicile. Et une église aussi, dédiée à saint Martin. Puis, un vaste jardin de gazon et des arbres fruitiers. A Mondion, minuscule village sur les collines proches de Poitiers, dans la Vienne, on pourrait se croire dans n’importe quel coin perdu de la campagne française. Il en serait sans doute ainsi si l’écrivain canadien Alberto Manguel n’avait pas concentré ici presque tous ses avoirs en livres, qui sont gargantuesques: plus de 30 000 ouvrages cumulés en 61 ans d’existence.|
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