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japon jeudi 08 mars 2012

Un sous-marin high tech à la recherche du tsunami

AFP

Le «Sonne» de Gerold Wefer. (AFP)

Le «Sonne» de Gerold Wefer. (AFP)

Des scientifiques ont entamé jeudi une mission pour aller observer, avec un engin sous-marin, la fosse du Japon à l’origine du séisme et de l’énorme tsunami qui ont ravagé il y a tout juste un an le nord-est de l’archipel

Des chercheurs allemands et nippons vont mettre à l’eau un véhicule équipé de caméras et autres instruments pour sonder les fonds marins jusqu’à 7.000 mètres de profondeur. Cet appareillage autonome évoluera à proximité de l’épicentre des secousses sismiques de magnitude 9 qui ont entraîné un raz-de-marée de plus de 15 mètres sur le littoral Pacifique de l’archipel, tuant 19.000 personnes et mettant en péril la centrale atomique Fukushima Daiichi.

«Nous voulons déployer des équipements sur le plancher océanique et aussi cartographier la zone pour voir les grands changements provoqués par le tremblement de terre», a déclaré à l’AFP Gerold Wefer, directeur du projet. Les données recueillies durant un mois auprès de la faille qui s’étend sur des centaines de kilomètres doivent aider à comprendre le mécanisme des séismes et tsunamis susceptibles de se reproduire.

Cette mission débute alors que le Japon s’apprête à se recueillir en hommage aux victimes du désastre historique survenu le 11 mars 2011 à 14H46 (06H46, heure suisse).

Enormes fissures dans les roches

Selon M. Wefer, directeur du Centre des changements environnementaux à l’Université de Brême, les scientifiques vont voir «d’énormes fissures dans les roches». «Ces dernières ont été cassées en morceaux» par le tremblement de terre, libérant des fluides et du gaz dans l’océan, explique-t-il.

L’engin utilisé, long de 5,5 mètres, ressemble à un petit sous-marin doté de sonars multifaisceaux.

Le vaisseau-mère à partir duquel le véhicule autonome sera lancé est équipé d’écho-sondeurs et permettra de dresser plusieurs cartes des profondeurs sous-marines près de la fosse du Japon qui longe l’île principale de Honshu.

Les nouvelles représentations géographiques seront comparées avec celles réalisées avant le «grand séisme de l’Est» (nom officiel de la catastrophe du 11 mars) pour analyser ce qui s’est passé sous la mer lors des trépidations telluriques.

L’épicentre du séisme était situé dans le Pacifique, à quelque 130 kilomètres des côtes de Honshu, où la plaque tectonique océanique glisse sous la plaque eurasienne qui supporte le Japon.

Anticiper?

Le sous-marin radioguidé de 3,5 tonnes va installer les instruments qui permettront par la suite de mesurer plus précisément les mouvements terrestres dans cette zone à forte activité.

La mission va également prélever des échantillons de sédiments de la région de la fosse, dans l’espoir de réaliser des estimations de possible survenue de nouvelles fortes secousses.

«Les prévisions de tremblement de terre sont extrêmement difficiles avec les technologies et données actuelles», rappelle Shuichi Kodaira, de l’Institut de recherche sur l’évolution de la Terre à l’Agence japonaise des technologies marines et terrestres. «Mais ce que nous pouvons faire cependant, c’est tenter de comprendre l’histoire et la récurrence des grands tremblements de terre dans la fosse du Japon en utilisant des données de cette expédition et d’autres antérieures», ajoute-t-il.

Les scientifiques préviennent que le Japon semble être entré dans une nouvelle étape d’accumulation de tensions qui pourraient augurer un autre séisme dévastateur.

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