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multimédia vendredi 13 avril 2012

Une vidéo relance le débat sur les conditions de travail chez Foxconn

Tim Cook, directeur d’Apple. (Keystone)

Tim Cook, directeur d’Apple. (Keystone)

Le sous-traitant d’Apple a ouvert les portes d’une usine

Il ne serait que le second journaliste occidental à être entré dans une usine de Foxconn. Basé à Shanghai et travaillant au sein du collectif américain Marketplace, Rob Schmitz a publié dans la nuit de mercredi à jeudi un extrait d’un reportage tourné dans l’usine Foxconn située à Longhua, au sud de la Chine. La diffusion de l’extrait, d’une durée de 2 min 36 s, intervient alors que la polémique sur les conditions de travail des employés du sous-traitant – entre autres – d’Apple ne faiblit pas.

Le reportage a été tourné début avril, avec la bénédiction de Foxconn, dans une usine assemblant des iPad, où travaillent selon Rob Schmitz près de 250 000 employés. Dans la vidéo, on les voit, équipés d’un masque, assembler la carte mère, tester l’écran et s’assurer, via une machine, que le gyroscope de la tablette fonctionne. L’usine semble propre, les robots sont omniprésents, et le journaliste, qui qualifie le travail d’«ennuyeux», affirme que les employés (payés au début 14 dollars par jour) changent de poste après quelques jours. Lors de sa visite, Rob Schmitz a vu 500 migrants chinois postuler pour un emploi chez Foxconn – «l’un des rares employeurs locaux à payer les salaires dans les délais», affirme-t-il.

Cette vidéo s’est d’abord voulue comme une réponse à Mike Daisey, le comédien américain dont le spectacle, censé être basé sur une visite très sombre d’usine Foxconn, a été vivement critiqué pour ses nombreuses approximations. Ensuite, Rob Schmitz contribue à relancer le débat sur les conditions de travail chez Foxconn. Le 29 mars, la Fair Labor Association (FLA) avait publié un premier rapport négatif sur celles-ci, après avoir interviewé 35 000 employés: les normes de 60 heures de travail hebdomadaires de la FLA avaient été dépassées dans plusieurs usines. De plus, certains employés ont travaillé plus de sept jours d’affilée sans l’interruption requise de 24 heures. Ce même 29 mars, Apple et Foxconn annonçaient la promesse, à terme, de réduire le nombre d’heures de travail à moins de 49 hebdomadaires, heures supplémentaires incluses, la limite légale, ce qui nécessitera de nouvelles embauches. Du coup, certains analystes ont affirmé craindre un renchérissement des appareils multimédia, alors que certains employés de Foxconn, eux, redoutaient une baisse de leur salaire mensuel.

«Steve Jobs n’en parlait pas»

Vidéo et promesse d’Apple et Foxconn à la clé, est-ce à dire que les conditions de travail s’améliorent? «C’est trop tôt pour le dire, attendons six mois pour faire le point. Il demeure un encadrement militaire chez Foxconn et aucune liberté syndicale, affirme Chantal Peyer, responsable de la campagne «High tech – No Rights» de Pain pour le prochain et Action de Carême. Mais le fait qu’il y a un coup de projecteur permanent sur Foxconn et que Tim Cook (le directeur d’Apple, ndlr) soit venu visiter une usine en mars est très positif. Steve Jobs refusait quant à lui de parler des conditions de travail.»

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