Le faux vrai philosophe de Bernard-Henri Lévy
A deux jours de la publication du nouvel essai de BHL, De la guerre en philosophie, le site Bibliobs y débusque une référence à un philosophe qui n’existe pas
Eléonore Sulser
Impitoyable Wikipédia! Terrible toile du Net qui s’est refermée toute bruissante ce lundi sur Bernard-Henri Lévy. La grand-messe médiatique avait pourtant débuté sans encombres.
Le Figaro, Marianne, L’Express, Paris Match, Le Point,
etc., tout le monde y allait de son article. Il faut dire que l’intéressé, dont la notoriété n’est plus à construire, publie le 10 février
Pièces d’identité
, une anthologie de ses chroniques et un essai,
De la guerre en philosophie
. Et boum! En fin de matinée, le site
Bibliobs
du
Nouvel Observateur
a donné soudain un brutal coup d’arrêt au tranquille ronronnement médiatico-béhachelien. La perspicace Aude Lancelin l’a en effet surpris en «flagrant délire», page 122 de
De la guerre en philosophie
. BHL, écrit-elle, y cite, à l’appui d’une attaque en règle contre Kant, un certain «Botul» auteur d’une série de «conférences aux néokantiens du Paraguay» où il démontrait que «leur héros» – Kant – est un «faux abstrait». Hélas, il suffit de taper le nom cité par BHL sur Internet, ce que conseille Aude Lancelin, pour tomber illico sur des précisions accablantes: «Jean-Baptiste Botul est un personnage fictif», lit-on sur Wikipédia, un pseudo de Frédéric Pages, auteur d’un livre canular,
La Vie sexuelle
d’Emmanuel Kant
. Un détail de cette affaire donne le tournis. Botul, le vrai faux philosophe, se prénomme «Jean-Baptiste». Or celui que cite BHL page 122 dans les épreuves de son livre se prénomme «Jean-François». Vertiges… et boules de gomme.