Livres mardi9 février 2010

Le faux vrai philosophe de Bernard-Henri Lévy

A deux jours de la publication du nouvel essai de BHL, De la guerre en philosophie, le site Bibliobs y débusque une référence à un philosophe qui n’existe pas

Eléonore Sulser Impitoyable Wikipédia! Terrible toile du Net qui s’est refermée toute bruissante ce lundi sur Bernard-Henri Lévy. La grand-messe médiatique avait pourtant débuté sans encombres. Le Figaro, Marianne, L’Express, Paris Match, Le Point,  etc., tout le monde y allait de son article. Il faut dire que l’intéressé, dont la notoriété n’est plus à construire, publie le 10 février Pièces d’identité , une anthologie de ses chroniques et un essai, De la guerre en philosophie . Et boum! En fin de matinée, le site Bibliobs du Nouvel Observateur a donné soudain un brutal coup d’arrêt au tranquille ronronnement médiatico-béhachelien. La perspicace Aude Lancelin l’a en effet surpris en «flagrant délire», page 122 de De la guerre en philosophie . BHL, écrit-elle, y cite, à l’appui d’une attaque en règle contre Kant, un certain «Botul» auteur d’une série de «conférences aux néokantiens du Paraguay» où il démontrait que «leur héros» – Kant – est un «faux abstrait». Hélas, il suffit de taper le nom cité par BHL sur Internet, ce que conseille Aude Lancelin, pour tomber illico sur des précisions accablantes: «Jean-Baptiste Botul est un personnage fictif», lit-on sur Wikipédia, un pseudo de Frédéric Pages, auteur d’un livre canular, La Vie sexuelle d’Emmanuel Kant . Un détail de cette affaire donne le tournis. Botul, le vrai faux philosophe, se prénomme «Jean-Baptiste». Or celui que cite BHL page 122 dans les épreuves de son livre se prénomme «Jean-François». Vertiges… et boules de gomme.

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