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Editorial vendredi 04 janvier 2013

Une loi désarmée

(Keystone)

(Keystone)

En Suisse, personne n’a envie de s’attaquer au puissant lobby des armes et de réviser la législation fédérale insuffisante

Après la tragédie de l’école de Newtown, au Connecticut, qui a fait 26 morts, la Suisse, comme le reste du monde, avait marqué une profonde émotion.

Et si nous commencions par faire le ménage ici? Même si ce pays connaît un pourcentage d’homicides par armes à feu relativement faible par rapport au reste du monde, nous connaissons un taux de meurtres familiaux ou communautaires élevé. Trop élevé.

Il y a deux millions d’armes dans les foyers suisses, dont 900 000 sont des armes militaires anciennes, mais toujours dangereuses, et environ 260 000 des armes d’ordonnance actuelles. Chacune est une menace.

Depuis le refus de l’initiative contre les armes à feu à la maison, en février 2011, que s’est-il passé? Un policier près de Berne, une jeune femme en Valais sont tombés sous les balles d’une arme militaire. Des dizaines de femmes et d’hommes, surtout, ont utilisé une arme de service ou privée pour s’ôter la vie.

La ministre de la Justice Simonetta Sommaruga s’était «engagée personnellement à renforcer les mesures visant à protéger la population contre la violence des armes». A en diminuer le nombre pour freiner le taux d’homicides et de suicides.

Certes, des mesures ont été prises, comme le marquage à l’importation pour améliorer le traçage. Le parlement s’est inquiété d’accélérer l’échange d’informations entre autorités civiles et militaires pour permettre les confiscations de fusils ou revolvers en possession d’individus à risques. Mais on se concentre sur le danger de l’arme militaire, alors que mousquetons et pistolets, démilitarisés ou civils, échappent aux contrôles, comme on vient de le voir à Daillon.

On ne pourra pas éviter tous les drames. Mais en prendre prétexte pour ne rien faire est insupportable.

Car personne n’a en réalité envie de s’attaquer au puissant lobby des armes et de réviser la législation fédérale insuffisante. La promesse de substituer au registre central des armes, refusé en votation, un système d’échange d’informations entre les cantons n’a pas été tenue. On vient de se rendre compte que la base légale est insuffisante.

Cette façon désinvolte de légiférer est irrecevable face aux drames humains.

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