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secret bancaire vendredi 26 février 2010

«Pas d’échange automatique, heureusement»

Les réactions de trois banquiers à l’annonce du Conseil fédéral de refuser à l’avenir tout argent non déclaré

Pour Ivan Pictet, président de la Fondation Genève place financière: «La déclaration de ce matin ne fait que confirmer le changement intervenu le 13 mars 2009, c’est-à-dire la fin de la distinction entre l’évasion et la fraude fiscales pour la clientèle offshore. Il n’y a donc rien de fracassant. Le Conseil fédéral refuse l’échange automatique d’informations, heureusement. Cependant, la décision de ne plus accepter que de l’argent déclaré méritera des précisions, car c’est extrêmement compliqué à appliquer. J’avais fortement réagi lorsque l’ASB avait proposé de demander aux clients de présenter une sorte de quitus fiscal. On ne peut le demander comme acte préalable à l’ouverture d’un compte à moins de disqualifier les banques suisses. Le jour où la Chine, l’Inde ou d’autres grands pays demanderont à leurs contribuables de se promener avec leur déclaration fiscale sous le bras, nous pourrons peut-être en discuter.»

Michel Dérobert, secrétaire général de l’Association des banquiers privés suisses, Genève: «Nous approuvons la ligne générale du Conseil fédéral. Cela dit, il faut savoir que le banquier n’a qu’une vision partielle de la situation de son client. Il n’a pas à devenir sa conscience fiscale. Ce n’est pas parce que le Liechtenstein a signé un accord biscornu avec la Grande-Bretagne (renoncer aux fonds non déclarés, ndlr) que la Suisse doit prendre le même chemin.»

Adrian Künzi, associé-gérant chez Wegelin: «Hans-Rudolf Merz a raison de ne pas accélérer le rythme des changements. On ne peut pas promettre l’échange automatique d’informations tant qu’on n’a pas mis en place ni testé le système de l’échange à la demande. A la question de savoir comment empêcher l’arrivée de nouveaux fonds non déclarés, la réponse n’est pas simple. Je souhaite une formule intelligente mais pas bureaucratique. Imposer, par exemple, un nouveau formulaire, même très détaillé, ne serait pas adéquat. Dans l’ensemble, les mesures proposées sont favorables à la place financière suisse. Elles la renforceront à terme.»

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