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Hockey sur glace lundi 20 février 2012

Genève-Servette reprend la main

Les Aigles se sont imposés à Berne. (Eric Lafarque)

Les Aigles se sont imposés à Berne. (Eric Lafarque)

Vainqueurs samedi soir à Berne, les joueurs de Chris McSorley reprennent à Bienne la huitième et dernière place qualificative pour les play-off

«Je pourrais écrire un livre sur cette saison. A moins que Stephen King ne s’en charge…» On trouve un Chris McSorley tout sourire samedi soir, dans les entrailles de l’arène bernoise. Ses joueurs viennent de réussir leur opération capitale – victoire 2-3 – et, à deux matches du verdict, Genève-Servette reprend la main dans le duel à distance qui l’oppose à Bienne, avec pour enjeu la huitième et dernière place qualificative pour les play-off. «Etre derrière tout le championnat, revenir à la 46e journée, retomber à la 47e et se relever encore à la 48e…», savoure le patron des Vernets. «Je suis fier des gars parce qu’ils ne se sont jamais couchés. Ici encore, revenir d’un déficit d’un but contre une très forte équipe de Berne, avec ses 17 000 supporters [15 556 pour être exact] derrière…»

Tobias Stephan, l’ange gardien qui a repoussé 49 des 51 tirs qu’on lui a adressés, passe par là. «I love you Tobi», lâche McSorley, qui revoit encore ce tir bernois s’écraser sur la latte à la dernière seconde. «Toute la chance qu’on n’a pas eue depuis le début de la saison, on commence à l’avoir maintenant», rigole l’Ontarien. «C’était notre destin de gagner ce match et je crois que nous méritons de participer aux play-off.» Dans le couloir menant au vestiaire genevois, quelques cris fusent. Mais on y décèle davantage de rage que de triomphalisme: «C’est loin, très loin d’être terminé, nous n’allons pas boire le champagne ce soir», prévient McSorley. Deux points de marge avant de recevoir Kloten et rendre visite à Zurich le week-end prochain, tandis que Bienne ira à Ambri puis accueillera Davos, cela constitue un petit matelas; en aucun cas une garantie. «Ce sera le stress jusqu’au bout, j’avais rarement vécu une fin de saison comme celle-ci», abonde l’attaquant Chris Rivera.

Genève-Servette versus Bienne, un feuilleton de l’hiver. Un mano a mano dont les rebondissements épicent une fin de saison régulière qui, par ailleurs, traîne en longueur. Un duel inattendu entre un autoproclamé candidat au titre qui a complètement foiré son début d’exercice et un habitué aux play-out qui, par sa vaillance et sa cohésion, tire le meilleur de lui-même.

Jusqu’à samedi soir tout du moins… Bienne, brillant vainqueur la veille à Fribourg (3-5), tenait le couteau par le manche avant de baisser la garde devant son public, contre Langnau (1-5). Que s’est-il passé? Les Seelandais pensaient-ils avoir fait le plus dur en battant Gottéron? «Non, je ne sais pas…», tente d’expliquer l’entraîneur Kevin Schläpfer, joint dimanche par téléphone. «Physiquement comme psychiquement, nous n’avions pas la même énergie que la veille, c’est comme ça, il manquait la détermination ultime. La déception est très dure, c’est clair. Mais on ne peut pas se permettre de rester négatifs trop longtemps.» Quels mots le coach a-t-il employés pour remobiliser ses troupes après la douche froide? «Je suis resté calme, ça ne sert à rien de crier dans ces moments-là. Il faut oublier la déception et après, les choses sont claires: il nous reste deux matches et il faut les gagner.»

Le HC Bienne, admirable depuis septembre, pourrait néanmoins tout perdre dans la dernière ligne droite. De quoi cauchemarder? «Ce serait dur», admet Kevin Schläpfer, «mais quoi qu’il arrive, nous n’aurons pas le droit d’oublier que Bienne réalise sa meilleure saison depuis son retour en Ligue nationale A. Nous avons pratiqué un jeu attractif et ce combat contre Genève nous vaut d’être au centre de l’intérêt médiatique. Nous devons être fiers de ça.»

De la fierté, on en déniche aussi de l’autre côté de la bande. «Lorsque tout le monde a douté de nous, médias et supporters, nous avons su nous accrocher», se réjouit le président genevois Hugh Quennec. «On aurait pu baisser la tête, préparer la saison prochaine. Mais non, on est toujours là. Et l’équipe est encore prête à souffrir. S’il faut gratter la glace à quatre pattes jusqu’à la dernière seconde, elle le fera. On ne lâchera rien.» Et lorsqu’on évoque la possibilité d’un échec, le dirigeant contre-attaque: «C’est sûr qu’une participation aux play-off, c’est le premier signe de réussite dans une saison. Mais notre objectif, c’est le titre.»

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