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Voile lundi 03 décembre 2012

«On court devant un anticyclone de peur de se faire rattraper»

Chaque lundi, Dominique Wavre, qui participe au Vendée Globe, décrit la situation à bord du Mirabaud

«Là actuellement, nous avons des vents du sud qui sortent d’un anticyclone qui est en train de nous rattraper. Et le petit groupe des chasseurs – formé par Golding, Le Cam et Wavre – se retrouve à courir devant cet anticyclone. Parce qu’on a très peur qu’il nous rattrape et qu’on se retrouve dans une zone sans vent. Les gars de devant sont partis, et nous visons actuellement la porte située au sud de l’Afrique.

Nous sommes dans un flux du sud fluctuant, comme souvent les vents de sortie d’anticyclone, qui sont très erratiques. C’est exactement le cas. Par ailleurs, la mer, qui subit plusieurs influences, est assez chaotique, ce qui fait que le bateau est passablement secoué, et c’est très difficile de trouver la vitesse.

Pour le skipper, cela signifie quelques manœuvres – tout à l’heure, j’ai renvoyé de la toile (augmenté la surface de voile) parce que le vent faiblissait, mais en fait c’était trop, alors j’ai dû réduire à nouveau – mais cela signifie surtout énormément de réglages pour s’adapter aux fluctuations du vent. Mais, contrairement à certaines dépressions où le vent est fort et stable, là nous sommes dans une situation assez aléatoire. Donc tu es très souvent en train de modifier tes réglages.

Cela ne change pas vraiment mon rythme à bord. Je procède toujours à de petites périodes de sommeil et, à chaque fois que je me réveille, il faut aller régler. Toutes les dix minutes, tu vas wincher un petit coup, choquer un petit coup. En règle générale, je me fais réveiller par les coups de gîte du bateau ou quand je me retrouve à l’envers dans mon lit. On a deux régates en ce moment. Une course tactique avec les voisins proches et une régate stratégique avec ceux de derrière et ceux de devant.

C’est clair que pour l’instant on ne peut pas faire grand-chose avec ceux de devant, qui sont dans un système météo qui leur est très favorable. On ne peut pas revenir sur eux. Et ceux de derrière sont dans une situation encore plus défavorable que nous et perdent du terrain. La bagarre est tactique et il est important d’aller voir les positions toutes les quatre heures pour voir si on a mieux marché que le copain d’à côté. Le point positif pour moi, c’est que j’ai eu pendant plusieurs jours la plus haute vitesse moyenne de la flottille. Ça veut dire que les choses vont bien à bord et qu’il y a de bons réglages. Sinon, les organisateurs ont déplacé la porte de l’océan Indien, ce qui va nous tenir très au nord. C’est nouveau en termes de météo, et on va encore plus jouer avec les conditions anticycloniques.»

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