Beauté choisie
lundi 4 mai 2009. Quelques instants offerts dans les coulisses et au premier rang des défilés haute couture printemps-été 2009, qui se sont serrés sur trois jours en janvier dernier, à Paris. Une semaine réduite, mais quelques moments de beauté inoubliables. Reportage. Textes: Isabelle Cerboneschi. Photographies: Sylvie Roche.
Chez Chanel, sans doute le défilé le plus émouvant et exigeant, Karl Lagerfeld a décliné les couleurs de la maison, le blanc et le noir, dans un exercice de style époustouflant.(Sylvie Roche)
Les invités, réduits au strict minimum, ont assisté à un défilé comme il n’en existe plus, assis à cinq autour de tables disséminées dans la salle décorée de papiers découpés, avec les mannequins qui évoluaient à portée de main. Impossible de ne pas remarquer la finesse des broderies de chez Lesage, les dentelles (Forster Rohner), les découpes de tissus telles des constructions de papier d’apparence si fragile. (Sylvie Roche)
Un défilé «Chanelissime» où l’on sentait la volonté, et sans doute la nécessité, de se concentrer sur les codes de la maison.(Sylvie Roche)
Chanel(Sylvie Roche)
John Galliano aussi a fait du «Diorissime», en déclinant le new look et ses ampleurs version histoire de l’art, dans un univers évoquant les tableaux de Vermeer, van Dyck et des grands maîtres flamands. Et là encore, un travail de broderie qui disqualifie tous les adjectifs, encore plus beau lorsqu’il est à moitié caché à l’intérieur. (Sylvie Roche)
Christian Dior par John Galliano(Sylvie Roche)
Christian Dior par John Galliano(Sylvie Roche)
Christian Dior par John Galliano(Sylvie Roche)
Jean Paul Gaultier s’est livré à une leçon de calligraphie, ou comment user de la ligne noire sur le blanc. Il est passé de tailleurs ou de smokings monochromes à la coupe irréprochable, à des robes arachnéennes dont la dentelle semblait des paraphes en arabesques. (Sylvie Roche)
Jean Paul Gaultier. Comme à son habitude, le couturier avait convié deux femmes à défiler hors du gynécée des mannequins habituels: Helena Noguerra, et surtout la sublime Inès de la Fressange, qui incarne mieux que quiconque l’élégance parisienne avec cette désinvolture à la fois aristocratique et canaille.(Sylvie Roche)
Une couture étonnamment inspirée des années 80 et du «body consciousness», chez Givenchy où Ricardo Tisci a élaboré des silhouettes de grandes prêtresses modernes sanglées dans des couleurs d’albâtre voilées d’organza. (Sylvie Roche)
Givenchy(Sylvie Roche)
Christian Lacroix a joué ses gammes chromatiques à la perfection, des mélanges qu’il est le seul à maîtriser: que ce soient les couleurs, les matières ou les formes. Certaines silhouettes semblaient faire revivre des héroïnes de la Belle Epoque, et même si elles défilaient à portée d’yeux à Beaubourg, impossible de tout appréhender des détails inventés par le couturier prolixe.(Sylvie Roche)
Christian Lacroix(Sylvie Roche)
Valentino(Sylvie Roche)
Valentino(Sylvie Roche)
Alexis Mabille(Sylvie Roche)
Anna Piaggi chez Alexis Mabille(Sylvie Roche)
Ji Haye(Sylvie Roche)
Georges Chakra(Sylvie Roche)
Georges Chakra(Sylvie Roche)
Vu chez Josep Font, des chapeaux comme des galions, des mètres de tulle, un manteau de plumes faites d’organza piqué d’une plume de marabout, vu aussi une jeune fille qui tremblait sous la charge de tulle censée représenter l’écume dans un défilé dédié à la mer avec, en bande-son d’un autre temps, la chanson de Jorge Sepulveda, Mirando al Mar. (Sylvie Roche)
Josep Font(Sylvie Roche)
Stéphane Rolland a défilé dans une salle trop petite pour tous ses invités: certaines clientes avaient des places «standing», soit debout, soit plus ou moins une infamie, avant qu’on ne leur trouve une place sur un petit banc afin qu’elles puissent voir défiler une collection inspirée des années 70, avec d’immenses décolletés géométriques en rectangle, du blanc, du rouge. Impossible de ne pas penser à la silhouette de Mireille Darc dans Le Grand Blond avec une chaussure noire...(Sylvie Roche)
Stéphane Rolland(Sylvie Roche)
Giorgio Armani(Sylvie Roche)
Giorgio Armani(Sylvie Roche)
Christophe Josse a admirablement déshabillé sa mariée d’une dentelle seconde peau, comme cousue à même le corps, sur un tulle assez fin pour se faire oublier. (Sylvie Roche)
Christophe Josse (Sylvie Roche)
Le couturier libanais Elie Saab s’est livré à une déclinaison inattendue autour du kimono - manches, fermeture, ceinture - pour des robes du soir sages, dans des teintes de cieux changeants allant du gris au mauve.(Sylvie Roche)
Elie Saab(Sylvie Roche)
C’était dans les studios Harcourt qu’Aymeric François a présenté sa collection, dont une robe qui avait la beauté de l’inutile, entièrement «brodée» d’épingles, toutes pointes dehors... (Sylvie Roche)
Et pour clore cette semaine de trois jours, une réception dans les salons du Ministère de la culture, où Anne Valérie Hash fut décorée des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et Lettres par la ministre Christine Albanel. Une cérémonie en relativement petit comité. « Pour lancer sa griffe et la faire connaître, il faut du génie, de la passion, bien sûr, mais aussi une solide volonté, de la ténacité, une vraie envie d’entreprendre, avec tous les risques que cela comporte», a déclaré la ministre. Elle a juste oublié de mentionner l’amour... Parce qu’Anne Valérie Hash ne fait rien sans amour. (Sylvie Roche)
Chez Chanel, sans doute le défilé le plus émouvant et exigeant, Karl Lagerfeld a décliné les couleurs de la maison, le blanc et le noir, dans un exercice de style époustouflant.(Sylvie Roche)
Les invités, réduits au strict minimum, ont assisté à un défilé comme il n’en existe plus, assis à cinq autour de tables disséminées dans la salle décorée de papiers découpés, avec les mannequins qui évoluaient à portée de main. Impossible de ne pas remarquer la finesse des broderies de chez Lesage, les dentelles (Forster Rohner), les découpes de tissus telles des constructions de papier d’apparence si fragile. (Sylvie Roche)
Un défilé «Chanelissime» où l’on sentait la volonté, et sans doute la nécessité, de se concentrer sur les codes de la maison.(Sylvie Roche)
Chanel(Sylvie Roche)
John Galliano aussi a fait du «Diorissime», en déclinant le new look et ses ampleurs version histoire de l’art, dans un univers évoquant les tableaux de Vermeer, van Dyck et des grands maîtres flamands. Et là encore, un travail de broderie qui disqualifie tous les adjectifs, encore plus beau lorsqu’il est à moitié caché à l’intérieur. (Sylvie Roche)
Christian Dior par John Galliano(Sylvie Roche)
Christian Dior par John Galliano(Sylvie Roche)
Christian Dior par John Galliano(Sylvie Roche)
Jean Paul Gaultier s’est livré à une leçon de calligraphie, ou comment user de la ligne noire sur le blanc. Il est passé de tailleurs ou de smokings monochromes à la coupe irréprochable, à des robes arachnéennes dont la dentelle semblait des paraphes en arabesques. (Sylvie Roche)
Jean Paul Gaultier. Comme à son habitude, le couturier avait convié deux femmes à défiler hors du gynécée des mannequins habituels: Helena Noguerra, et surtout la sublime Inès de la Fressange, qui incarne mieux que quiconque l’élégance parisienne avec cette désinvolture à la fois aristocratique et canaille.(Sylvie Roche)
Une couture étonnamment inspirée des années 80 et du «body consciousness», chez Givenchy où Ricardo Tisci a élaboré des silhouettes de grandes prêtresses modernes sanglées dans des couleurs d’albâtre voilées d’organza. (Sylvie Roche)
Givenchy(Sylvie Roche)
Christian Lacroix a joué ses gammes chromatiques à la perfection, des mélanges qu’il est le seul à maîtriser: que ce soient les couleurs, les matières ou les formes. Certaines silhouettes semblaient faire revivre des héroïnes de la Belle Epoque, et même si elles défilaient à portée d’yeux à Beaubourg, impossible de tout appréhender des détails inventés par le couturier prolixe.(Sylvie Roche)
Christian Lacroix(Sylvie Roche)
Valentino(Sylvie Roche)
Valentino(Sylvie Roche)
Alexis Mabille(Sylvie Roche)
Anna Piaggi chez Alexis Mabille(Sylvie Roche)
Ji Haye(Sylvie Roche)
Georges Chakra(Sylvie Roche)
Georges Chakra(Sylvie Roche)
Vu chez Josep Font, des chapeaux comme des galions, des mètres de tulle, un manteau de plumes faites d’organza piqué d’une plume de marabout, vu aussi une jeune fille qui tremblait sous la charge de tulle censée représenter l’écume dans un défilé dédié à la mer avec, en bande-son d’un autre temps, la chanson de Jorge Sepulveda, Mirando al Mar. (Sylvie Roche)
Josep Font(Sylvie Roche)
Stéphane Rolland a défilé dans une salle trop petite pour tous ses invités: certaines clientes avaient des places «standing», soit debout, soit plus ou moins une infamie, avant qu’on ne leur trouve une place sur un petit banc afin qu’elles puissent voir défiler une collection inspirée des années 70, avec d’immenses décolletés géométriques en rectangle, du blanc, du rouge. Impossible de ne pas penser à la silhouette de Mireille Darc dans Le Grand Blond avec une chaussure noire...(Sylvie Roche)
Stéphane Rolland(Sylvie Roche)
Giorgio Armani(Sylvie Roche)
Giorgio Armani(Sylvie Roche)
Christophe Josse a admirablement déshabillé sa mariée d’une dentelle seconde peau, comme cousue à même le corps, sur un tulle assez fin pour se faire oublier. (Sylvie Roche)
Christophe Josse (Sylvie Roche)
Le couturier libanais Elie Saab s’est livré à une déclinaison inattendue autour du kimono - manches, fermeture, ceinture - pour des robes du soir sages, dans des teintes de cieux changeants allant du gris au mauve.(Sylvie Roche)
Elie Saab(Sylvie Roche)
C’était dans les studios Harcourt qu’Aymeric François a présenté sa collection, dont une robe qui avait la beauté de l’inutile, entièrement «brodée» d’épingles, toutes pointes dehors... (Sylvie Roche)

