Au printemps 1940, le NKVD russe liquide plus de 20 000 officiers polonais. Lorsque les Allemands découvrent les tombes en 1943, ils s’empressent d’exploiter la situation pour leur propagande. Le médecin légiste genevois François Naville a contribué à l’établissement de la vérité dans des conditions polémiques
La vérité sur le crime par la science. Plusieurs séries télévisées à succès thématisent ce thème. Dans la réalité, les enquêtes médico-légales sont désormais étroitement associées à l’établissement de la vérité sur les crimes de masse commis au nom de la religion, de l’idéologie, ou simplement de l’avidité nationaliste. A ces enjeux démultipliés correspondent des pressions et des risques accrus: la politique, qui continue de peser sur l’écriture de l’histoire longtemps après la fin des conflits, fait mauvais ménage avec la vérité. Et, dans sa recherche de cette dernière, le médecin légiste peut se retrouver en position délicate, entre tentation d’autocensure et risque d’instrumentalisation. La voie médiane est parfois mince comme un fil. Ce n’est pas nouveau, comme l’illustre l’histoire d’un savant genevois, François Naville, directeur de l’Institut de médecine légale du canton entre 1934 et 1960, centre en 2007 d’un colloque dont les actes viennent d’être publiés.|
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