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Télécoms mardi 03 juillet 2012

«Sunrise a sans cesse baissé ses prix, alors que Swisscom n’a pas bougé les siens»

(Photopress)

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Le numéro deux de la téléphonie mobile a revu ses tarifs. Son directeur général, Oliver Steil, juge que la concurrence n’est pas des plus loyales

Sunrise contre-attaque. Une semaine après le lancement par Swisscom de cinq offres de téléphonie mobile «tout compris», l’opérateur a présenté lundi à Zurich des baisses de prix sur quatre de ses abonnements forfaitaires. Avec à la clé des réductions de 5 à 35 francs par mois. Interview d’Oliver Steil, directeur de Sunrise.

Le Temps: L’objectif de Sunrise est-il d’être le meilleur marché?

Oliver Steil: Non, nous voulons offrir au client le meilleur rapport qualité-prix. Pour le prix des abonnements et les options, mais aussi pour les téléphones et les offres groupées avec l’accès à Internet et la télévision.

– Vous dites avoir été surpris par les nouveaux tarifs de Swisscom. Pourquoi?

– Swisscom différencie ses offres par la vitesse d’accès à Internet, il n’est pas sûr que cela soit un succès. Sunrise a sans cesse baissé ses prix, alors que notre concurrent n’a pas bougé pendant les dernières années. Je suis curieux de voir comment ses tarifs peuvent diminuer d’une manière significative alors que les coûts de terminaison (ndlr: ce que se paient les opérateurs entre eux) n’ont pas bougé. Ce mouvement suscite des points d’interrogation. Une telle réduction des prix n’est probablement pas un signe de conditions loyales dans le marché.

– Estimez-vous qu’il s’agisse de concurrence déloyale?

– Sunrise a ses armes. Nos tarifs sont attractifs, et le fait de détenir 24% de parts de marché nous permet d’avoir un réseau peu utilisé. Et nous ne limitons pas la vitesse de l’accès à Internet, contrairement à notre concurrent.

– Ce week-end, Carsten Schloter, directeur de Swisscom, estimait qu’il ne devrait plus y avoir que deux opérateurs d’ici cinq ans. Votre avis?

– Il y a eu des discussions dans le passé. Mais depuis le rachat d’Orange (ndlr: par le fonds Apax), il n’y a aucune discussion avec lui. Chacun suit sa propre stratégie. Notre propriétaire (ndlr: le fonds CVC) est très satisfait de la marche de nos affaires. Il n’a actuellement aucune intention de vendre.

– Vous venez d’achever une vaste campagne de publicité pour votre service de télévision. Mais vous vous heurtez à nouveau à Swisscom, qui offre le même service.

– Je ne dis pas que les clients fidèles à Swisscom depuis dix ans sont ceux qui s’inscrivent le plus à notre service TV… Mais nos innovations, comme la «Come Back TV» (ndlr: un service de télévision en différé) satisfont totalement nos clients actuels. Nous venons de lancer cette offre au début de l’année, raison pour laquelle nous ne communiquons pas encore des chiffres sur les ventes.

– Vous semblez au final vous accommoder de la puissance de Swisscom et du cadre régulatoire actuel…

– Nous sommes très compétitifs, ce qui ne nous empêche pas de demander une révision de la loi sur les télécoms: les autorités de régulation doivent être habilitées à intervenir sur le marché de la fibre optique en cas de problème lié à la position dominante de Swisscom. L’intervention, fin 2011, de la Commission de la concurrence sur la coopération des services industriels et Swisscom a été un vrai plus. Mais il faut pouvoir réagir rapidement et pas six ans plus tard, lorsqu’il est trop tard.

– Mercredi dernier, vous avez fermé six magasins d’un coup, provoquant 11 licenciements, sans en avertir au préalable les employés. Pourquoi?

– D’accord, ce n’était peut-être pas très «smart». Mais informer les employés au bon moment, pour éviter les rumeurs, n’est pas facile. Des mesures ont contribué à réduire la suppression de postes à un minimum.

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