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Finance lundi 02 octobre 2006

Comprendre les produits structurés pour mieux en profiter (6)

Alexandre Michellod Economiste gérant de fortune auprès de Wegelin & Co Banquiers Privés Lausanne

Dans une série de douze articles, nous avons entrepris de présenter et de commenter, pour les lecteurs du journal Le Temps, l'ouvrage intitulé «Les produits structurés dans la gestion de fortune», un livre corédigé par Steffen Tolle, Boris Hutter, Patrik Rüthemann et Hanspeter Wohlwend, quatre économistes de l'Université de Saint-Gall, respectivement aujourd'hui associé-gérant et membres de la direction de Wegelin & Co. Banquiers Privés. Dans ce 6e volet nous parlerons des produits à rendement maximal et plus particulièrement des certificats discount.

Avec les produits à rendement maximal, l'investisseur renonce, comme sa définition l'indique, à tout potentiel de gain à partir d'un certain plafond. En contrepartie, il est dédommagé soit sous la forme d'un escompte, soit via le paiement d'un coupon. On parle de «certificats discount» voire de «produits à escompte» dans le premier cas, et de «reverse convertibles» dans le second. Ces produits offrent à l'investisseur un moyen d'optimiser son rendement lorsqu'il s'attend à des mouvements modérés du sous-jacent.

Le «plafond» ou «cap» en anglais est la principale caractéristique des certificats discount. Il indique le niveau (prix d'exercice) à partir duquel un investisseur est disposé à renoncer au potentiel de gain de l'action sous-jacente du certificat discount. Si à l'échéance, le cours de l'action est supérieur au cap, l'investisseur recevra le montant du prix d'exercice. Si au contraire, il termine sous le cap, il obtiendra la livraison de l'action.

Prenons l'exemple d'un certificat discount construit sur le bon de jouissance Roche. Le cap du certificat discount est fixé à CHF 130. – et la durée de vie de ce dernier est fixée à 11 mois. Le prix du certificat quant à lui se monte à CHF 114,65. (à l'heure où nous écrivons les niveaux actuels de cotation du bon, précisons-le, se situent aux alentours de CHF 214. –!)

A l'échéance, l'investisseur peut se trouver face à deux scénarios différents. Si le cours du bon Roche est égal ou supérieur au cap, il reçoit le montant du prix d'exercice (CHF 130. –), soit un rendement de 13,4% compte tenu du prix d'achat de CHF 114,65. Si au contraire, le bon termine sous le cap, l'investisseur obtient la livraison du sous-jacent. Le potentiel de gain est ainsi limité à CHF 130. –, niveau fixé pour le cap, mais ce plafonnement est compensé par un escompte de CHF 9,35 (différence entre CHF 124. – et CHF 114,65) sur le prix d'achat. Le rendement maximal est atteint lorsqu'à l'échéance, le sous-jacent termine au-dessus de la barre des CHF 130. –. En cas de baisse des cours, le certificat discount est plus performant que le sous-jacent. Ils permettent une optimisation du rendement dans une certaine fourchette d'évolution du sous-jacent; en l'occurrence, ils s'avèrent intéressants lorsque le sous-jacent ne connaît que de faibles fluctuations («évolution latérale»). Avant tout placement, l'investisseur doit donc fixer son objectif de cours: s'il est convaincu de la qualité d'un titre mais que pour des raisons de valorisation, il n'anticipe pas à court terme une forte progression du cours, il trouvera dans un certificat discount un moyen d'atteindre un rendement attrayant même en cas d'évolution latérale du sous-jacent.

- Quatre scénariossont possibles

L'investissement dans un certificat discount peut déboucher sur quatre scénarios distincts:

Scénario A: le cours du bon Roche affiche, conformément aux attentes, une évolution essentiellement latérale et termine au-dessus du cap à l'échéance. L'investisseur réalise le rendement maximal (+13,4%), soit un rendement nettement supérieur à celui du sous-jacent (+7,8%).

Scénario B: le bon Roche enregistre une forte progression. Si l'investisseur obtient là aussi le rendement maximum de 13,4%, il aurait eu avantage à investir directement dans le bon de jouissance (+38,8%).

Scénario C: le bon Roche accuse un léger repli. Comme le bon termine sous le cap, le sous-jacent est livré à l'investisseur. Grâce à l'escompte sur la valeur d'achat du certificat, le rendement reste positif (+3,3%). Par contre, un investissement dans le sous-jacent se serait soldé par une perte (–4,5%).

Scénario D: le bon Roche plonge littéralement. A l'échéance, l'investisseur obtient la livraison du titre (rendement du certificat: – 16,2%). Un investissement direct dans le sous-jacent aurait entraîné une perte plus importante encore (–22,5%).

Il ressort de ces quatre exemples, qu'à l'exception du scénario B, l'investissement dans un certificat discount est plus avantageux qu'un investissement direct dans le sous-jacent. Pour terminer, soulignons qu'au niveau de sa conception, le certificat discount associe, comme souvent dans les produits structurés, une option de type LEPO à la vente d'une option call. Le processus équivaut à une vente couverte d'options d'achat, qui combine l'achat d'une action et la vente d'un call sur ce même titre.

Le prochain volet de notre série traitera des reverse convertibles. Cette sixième leçon est le résumé des pages 101 à 107 du livre «Les produits structurés dans la gestion de fortune», Edition Neue Zürcher Zeitung.

Les articles peuvent êtres téléchargés sur http://www.wegelin.ch et http://www.letempsfinance.ch

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