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Technologie

L’avenir appartient aux diplômés qui manient les codes informatiques

Margherita Nasi

«On ne devient bon programmeur qu’après plusieurs années d’expérience, après avoir lu des lignes et des lignes de code» (Scott Barrow/Corbis )

«On ne devient bon programmeur qu’après plusieurs années d’expérience, après avoir lu des lignes et des lignes de code» (Scott Barrow/Corbis )

«Nous avons besoin de programmeurs de haut niveau et nous ne les trouvons pas», déplorent des employeurs. Les préjugés sont encore tenaces à l’égard des «geeks»

Clément Wehrung est tout juste diplômé d’une grande école de commerce. Il gagne très bien sa vie mais ne fait ni de la finance, ni de la stratégie. Sa passion, c’est le code, ces lignes de signes qui permettent de programmer des sites web et des applications informatiques. Dès son enfance, il s’y adonne à fond.

En classe préparatoire, il crée une plateforme de partage de connexions pour faciliter les révisions. Puis, il intègre l’Essec Business school, en France, où il développe «sans rien demander à personne» l’application de l’école. Une prestation extrêmement bien rémunérée. On n’en saura pas plus. «Je ne veux pas donner le filon, explique le jeune programmeur. Le prix pour le développement d’une «appli» de base tourne autour de 5000 euros. Mais si l’appli est un peu plus compliquée, ça monte nettement plus haut».

Alors que ses amis qui ont fait de la finance peinent aujourd’hui à trouver du travail, Clément reçoit pléthore d’offres. «Rien que cette semaine, j’ai été contacté par une entreprise du CAC 40 qui veut son application.» En effet, aujourd’hui, le code est partout.

«Le développeur travaille dans la télévision, les transports, dans le monde de l’art, des médias, énumère avec enthousiasme Aurélien Fache, cofondateur du site d’information Owni.fr. Il ne s’agit pas juste du développement de sites Web ou de services. Nous créons des dispositifs qui permettent de consommer et d’échanger l’information.»

Le spécialiste du multimédia cite l’exemple des internautes qui ont créé des cartes pour guider les sauveteurs lors du tremblement de terre à Haïti. «Les secouristes avaient besoin de connaître l’état des lieux de Port-au-Prince. De savoir si une route était barrée ou pas. On parle de service de cartographie en temps réel, il s’agit en fait de lignes de code.»

Plus ces rangées de chiffres qui se cachent derrière chaque site et application prennent de l’importance, plus la programmation devient un métier transversal. «C’est le cas des professions qui bénéficient de beaucoup de moyens financiers. Je pense notamment à la biologie avec le développement de la bio-informatique, ou encore à l’animation 3D», explique Jean Véronis, blogueur et professeur d’informatique et de linguistique.



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