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produits structurés lundi 30 janvier 2012

UBS: «Les changements réglementaires sont positifs»

Marc Honegger, Global Head IPS Capital Markets Structured Products d’UBS, veut investir davantage dans la plateforme qui permet l’émission de produits sur mesure

Le Temps: Comment UBS est-elle organisée dans les produits structurés? Combien de personnes y travaillent, support compris?

Marc Honegger: Quelque 65 personnes s’occupent du secteur clé des produits structurés dans mon unité, qui appartient à Investment Products and Services (IPS), au sein d’UBS Wealth Management. Les activités sont axées sur la clientèle privée et recouvrent tous les processus, depuis la création jusqu’à la commercialisation. De son côté, notre banque d’investissement (UBS Investment Bank/IB) dispose également d’un service dédié aux produits structurés, mais il s’occupe essentiellement de la clientèle institutionnelle.

– Combien de personnes y travaillent en Suisse romande?

– Un certain nombre de collaborateurs romands apportent leur soutien à la distribution des produits structurés pour leur région. Ils travaillent étroitement avec Zurich où l’élaboration et la mise en place des produits sont centralisées pour l’ensemble du marché suisse.

– Quelle est la durée de formation d’un conseiller en produits structurés à UBS?

– Les formations sont diverses, et leurs durées aussi. Certains ont fait un apprentissage bancaire et poursuivi leur développement en interne. D’autres arrivent avec un cursus universitaire. Mais l’essentiel de la formation se fait «sur le tas». En outre, nous tenons beaucoup à ce que nos conseillers à la clientèle soient capables d’informer nos clients avec précision sur les risques et les possibilités de rendement. Ils doivent donc disposer d’une excellente compréhension des produits. A cet effet, nous proposons régulièrement des formations internes avec l’aide de nos spécialistes produits.

– UBS est clairement numéro un en termes de parts de marché sur Scoach, après avoir peu coté les nouvelles émissions en bourse. Quelle évolution observez-vous parmi les investisseurs dans le choix entre OTC et cotation des produits? Quelle est la part des transactions OTC et celle des produits cotés chez UBS?

– UBS travaille dans les deux domaines. Cependant, sur le plan interne, nous accordons une attention particulière à la commercialisation de nos produits structurés par l’intermédiaire de notre plateforme UBS Investor. Notamment parce qu’elle permet à nos gestionnaires d’élaborer un produit sur mesure, correspondant exactement au profil risque/rendement de leur client. Nous cotons en bourse la majorité des produits structurés que nous offrons au public.

– UBS est numéro 1, avec 50%, dans les produits à capital protégé, mais 4e dans les produits d’optimisation du rendement (moins de 10%). Comment expliquez-vous ces énormes écarts?

– Nous traitons une grande partie de nos produits via notre plate-forme UBS Investor, tout particulièrement dans le domaine de l’optimisation des rendements, où la clientèle opte en priorité pour des échéances plus courtes. Les statistiques que vous mentionnez concernent «uniquement» les produits cotés en bourse et ne correspondent donc pas aux volumes effectivement négociés sur le marché.

– Vous avez lancé une plateforme d’émission propre. Quels ont été les développements entrepris en 2011? Quelles seront les prochaines étapes, notamment en 2012?

– L’an passé, nous avons lancé le produit «Equita Yield» dans le domaine des actions. Il donne à nos clients l’accès à des stratégies «covered call», à partir de montants minimaux peu élevés. Cette offre est entièrement automatisée, ce qui nous a permis d’optimiser nos processus internes afin de réduire au maximum les coûts par transaction. C’est un avantage dont profite directement notre clientèle.

Une plateforme telle qu’UBS Investor exige toutefois de constantes mises à jour car l’efficience et la flexibilité sont cruciales.

– Quelle part de la demande institutionnelle passe par cette plateforme d’émission?

– C’est en premier lieu à la clientèle privée que nous offrons ces produits sur mesure par le biais de cet outil entièrement automatisé. Mais il est vrai que la plateforme permet également à certains clients institutionnels de traiter leurs produits struc­turés.

– Récemment, certains émetteurs se sont regroupés sur des «métaplateformes» d’émission. Est-ce qu’UBS a intérêt à participer à ces regroupements?

– Avec UBS Investor, nous disposons déjà d’une plateforme «maison» leader sur le marché. Elle nous permet d’assurer une couverture optimale des besoins de nos clients et nous l’exploitons comme un service global. C’est pourquoi les offres locales, offertes par ces regroupements, nous paraissent actuellement moins prioritaires.

– Est-ce qu’UBS ouvrira sa plateforme à d’autres banques?

– Oui, notre banque d’investissement (IB) commercialise UBS Investor également auprès de banques partenaires, en particulier dans les domaines des changes et des métaux précieux.

– La Finma a fortement critiqué les prospectus simplifiés, le manque de transparence et la difficulté à comparer les produits. Qu’en pensez-vous?

– A l’occasion du contrôle de prospectus simplifiés, la Finma est arrivée à la conclusion qu’en règle générale, ceux-ci révèlent et expliquent exhaustivement les risques majeurs ainsi que les perspectives de gain et de perte des produits structurés. A quelques détails près, les prospectus simplifiés remplissent donc leur objectif principal.

Quant à leur comparabilité, les émetteurs débattent actuellement des possibilités d’amélioration dans ce domaine. Les expériences, chez nos voisins européens, montrent qu’une uniformisation draconienne de la présentation du prospectus n’est pas appropriée à tous les types de produits étant donné les importantes différences entre les diverses classes d’actifs.

– Selon la Finma, seules la BCZ et Vontobel satisfont entièrement aux critères. UBS fait-elle partie des banques dont les produits ont été analysés?

– Nous ne souhaitons pas nous exprimer sur nos concurrents. Dans le cadre de son analyse, la Finma a également vérifié des prospectus simplifiés d’UBS. Ce contrôle n’a pas révélé de manquements graves dans le respect des exigences applicables à un prospectus simplifié. Cependant, nous nous efforçons en permanence d’apporter des améliorations et restons en contact constant avec le régulateur.

– L’année 2011 a été une année difficile pour les produits structurés, en termes de volume. Quel est l’avenir des produits structurés émis en Suisse?

– Je crois qu’il faut considérer l’année 2011 de manière nuancée. Tout dépend largement de la catégorie d’actifs. Dans le domaine des devises et des métaux précieux, nous sommes satisfaits. Au niveau des titres à revenu fixe, nous avons développé notre gamme de produits et les perspectives pour 2012 sont positives. Les produits actions ont naturellement souffert de la grande incertitude qui règne sur les marchés. Cependant, dans l’ensemble, nous sommes optimistes pour l’avenir. Le cercle des acheteurs potentiels se limite néanmoins toujours à un petit nombre de clients.

Nous sommes convaincus toutefois qu’une plus grande transparence, une meilleure information sur les risques et sur le potentiel de rendement ainsi qu’une compréhension accrue des possibilités d’utilisation des produits structurés dans l’allocation sectorielle, induiront un regain d’intérêt pour ces produits.

– Le risque de nouvelles réglementations est-il important pour les produits structurés?

– Pour notre part, nous considérons les modifications réglementaires comme un changement positif, car elles visent à rendre les produits structurés plus compréhensibles pour nos clients, ce dont nous nous félicitons.

– Les marges sont-elles en train de baisser aussi dans ce secteur?

– Nous voulons offrir à nos clients un produit optimal à des conditions satisfaisantes. Nous investissons donc dans notre infrastructure afin d’améliorer nos processus et de réduire nos coûts. Nous répercutons intégralement ces avantages sur nos clients. L’importante concurrence qui règne sur le marché des produits structurés améliore la transparence. Du coup, elle induira probablement aussi, à terme, à une certaine pression sur les marges.

– Quels sont vos objectifs pour 2012 et vos principaux investissements?

– Nous allons continuer d’investir dans notre infrastructure. Nous voulons rester à la pointe en termes de gestion des coûts, ce dont bénéficiera aussi notre clientèle. Nous entendons accroître notre portefeuille de clients en augmentant la compréhension pour les produits structurés et en promouvant leur transparence.

Si ces produits sont employés judicieusement et en fonction du marché, ils peuvent générer une plus-value pour nos clients par rapport aux placements directs. C’est sur une telle base que nous voulons poursuivre notre développement.

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