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marché de l’art jeudi 12 avril 2012

Art Brussels, l’âge de raison

«Magnetic Prayer», une œuvre de l’artiste américain Evan Gruzis présentée à Art Brussels par la galerie genevoise SAKS. Encre Speedball Superblack India sur papier Arches Aquarelle, dimensions: 96,7 x 60,3 cm. (Courtesy SAKS, Genève)

«Magnetic Prayer», une œuvre de l’artiste américain Evan Gruzis présentée à Art Brussels par la galerie genevoise SAKS. Encre Speedball Superblack India sur papier Arches Aquarelle, dimensions: 96,7 x 60,3 cm. (Courtesy SAKS, Genève)

Du 19 au 22 avril 2012, se tient à Bruxelles la trentième édition de la foire d’art contemporain. La manifestation s’affirme internationalement en cultivant son flair pour les artistes émergents

Plus que jamais, les foires d’art doivent redoubler d’efforts pour maintenir leur position sur l’échiquier mondial, rien n’étant jamais acquis dans ce milieu. Celles qui ont les ressources nécessaires ouvrent des succursales aux quatre coins du globe, à l’instar d’Art Basel, présente à Bâle, à Miami Beach et à Hongkong, ou de la londonienne Frieze qui lance en mai sa première édition new-yorkaise. Et puis il y a celles qui ont su faire leur place avec moins de moyens et une ambition plus modérée, privilégiant une approche particulière, développant une offre différente mais porteuse, tout en faisant valoir un regard professionnel.

Art Brussels fait assurément partie de cette deuxième catégorie. Née en 1968 sous l’impulsion de l’association des galeries d’art de Bruxelles, la manifestation était d’abord une biennale. «A l’origine, chaque membre de l’association invitait une galerie étrangère, explique Karen Renders, la directrice actuelle. Dans les années 90, lorsque toujours plus de foires d’art contemporain ont fait leur apparition, Art Brussels s’est rendu compte que son envergure était trop petite pour lui permettre de grandir. Il fallait professionnaliser la foire en faisant appel à un organisateur de salons. Le choix du comité s’est alors porté sur nous et notre société Artexis.» Le premier changement considérable concerne la fréquence d’Art Brussels qui passe d’une manifestation biennale à un événement annuel.

Les autres modifications s’attachent à renforcer l’identité d’Art Brussels, à affirmer sa différence pour mieux se démarquer de la concurrence. «La réputation des Belges en matière d’art contemporain, c’est leur capacité à dénicher les artistes qui compteront demain, développe Karen Renders. Et, bien sûr, la Belgique est historiquement et culturellement un pays où l’art occupe une place très importante. Les collectionneurs sont nombreux, ils sont passionnés par les artistes et leur production, sont très bien informés et surtout ont envie de suivre l’évolution d’une carrière en y participant, en achetant des œuvres. C’est, à mon sens, un des particularismes de l’acheteur belge.» C’est sur ces valeurs que la directrice établit le nouveau profil de la foire, lorsqu’elle en reprend les rênes en 1997. «Au départ, j’ai choisi de mettre l’accent sur les jeunes galeries, en leur donnant l’espace pour présenter leur travail. Cela a tout de suite bien fonctionné, nous avons rencontré un fort écho auprès des collectionneurs locaux. Par la suite, ce positionnement a forgé notre réputation en Europe et au-delà: nous avons acquis la réputation d’être une foire dénicheuse de talents, un lieu où on peut encore faire des découvertes.»

Si le programme d’Art Brussels 2012 rassemble à la fois des artistes confirmés et d’autres en devenir, c’est en cultivant son flair pour dénicher les stars de demain que la foire a acquis sa place dans le milieu de l’art contemporain. Une place différente que celles occupées par des événements monstres comme Art Basel. La foire belge cherche à se démarquer en se concentrant sur son terrain de prédilection, celui de la découverte des talents et de la démocratisation de l’achat d’art. «Ce que nous voulons, c’est ouvrir Art Brussels à un maximum de personnes, notamment en proposant des œuvres à des prix abordables, ce qui va de pair avec la promotion des jeunes artistes. Même avec des moyens ordinaires, on peut collectionner de l’art contemporain. Cette activité n’est pas réservée à une niche de personnes très riches qui achètent les stars du moment. Il existe des œuvres de qualité à des prix raisonnables. C’est ce que nous défendons.» Et aussi une volonté de donner à Art Brussels une aura plus culturelle que commerciale. «Nous possédons un programme «off» riche qui donne une valeur supplémentaire à la foire en permettant à tout le monde de s’y intéresser, de découvrir la foire et l’art contemporain sans pour autant en consommer.» Parmi les événements d’Art Brussels ouverts à tous: des débats entre différents acteurs du secteur et aussi des conversations sur l’art auxquelles le public peut assister et participer. «Pour la première fois cette année, nous organisons une nocturne le jeudi 19 avril, de 19 à 22 heures. Auparavant, si on n’était pas invité au vernissage du mercredi soir, on n’avait plus la possibilité de visiter la foire en soirée. C’est la raison pour laquelle on a mis en place cette ouverture tardive, ce qui va permettre notamment aux personnes qui travaillent, de découvrir les stands après 18 heures!»

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