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Santé vendredi 13 janvier 2012

De la maltraitance aux psychopathologies

ATS

Le lien entre l’abus physique et le trouble psychique est établi par une étude genevoise

La maltraitance dans l’enfance modifie la régulation des gènes impliqués dans la gestion du stress à l’âge adulte. Un changement qui peut déclencher le développement de psychopathologies. Telles sont les conclusions d’une étude sur 101 sujets adultes réalisée par des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université de Genève (Unige) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), publiée dans la revue Transnational Psychiatry.

Ces personnes souffraient toutes d’un trouble de la personnalité borderline. L’équipe du professeur Alain Malafosse a observé un pourcentage sensiblement plus élevé de modification épigénétique sur l’ADN chez les sujets qui ont été maltraités dans leur enfance (abus physique, sexuel et émotionnel et carences affectives) par rapport à ceux n’ayant pas subi de tels abus.

Gène modifié par le stress

Le stress causé par ces abus induit une modification épigénétique du gène récepteur des glucocorticoïdes qui agit sur l’axe hypothalamique-pituitaire-adrénal. Or ce dernier intervient dans la gestion du stress. Son altération peut perturber cette fonction à l’âge adulte et entraîner le développement de psychopathologies.

«Nous avons par ailleurs relevé que plus la sévérité de l’abus était importante, plus la méthylation du gène était considérable», précise Ariane Giacobino, du Département de médecine génétique et de développement de l’Unige.

«Si notre étude était centrée sur le lien entre la maltraitance infantile et certaines psychopathologies, il est important de noter que la causalité d’autres traumatismes violents, tels que l’expérience d’une catastrophe naturelle ou d’un crash aérien, pourrait être étudiée et mener à des conclusions similaires», ajoute Nader Perroud, chef de clinique scientifique au Département de psychiatrie des HUG.

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