Afghanistan vendredi4 septembre 2009

«L’échec de la nouvelle stratégie de Barack Obama»

Catherine Frammery

L’ONU et le gouvernement afghan ont séparément annoncé ouvrir une enquête sur le bombardement de l’OTAN qui a fait au moins 90 morts, dont un nombre indéterminé de civils, ce vendredi dans la province de Kunduz, dans le nord du pays. Une bavure qui constitue un revers pour la nouvelle stratégie de Barack Obama.

Tout a commencé jeudi, avec le vol par des talibans de deux camions citerne de l’OTAN dans la province de Kunduz, tout au nord du pays. D’après des témoignages recueillis sur place par l’AFP, et corroborés par la BBC, l’un des camions s’étant embourbé dans une rivière, les conducteurs ont proposé aux habitants d’un village aux alentours de directement venir se servir en essence en siphonnant le réservoir. Entre 200 et 250 personnes auraient ainsi été présentes tout près du véhicule lorsqu’un avion de l’ISAF (la force internationale sous commandement de l’OTAN) a commencé à bombarder l’endroit, causant la mort d’au moins 90 personnes, selon plusieurs sources dont le gouvernement afghan. Pourquoi une intervention aérienne? «Les soldats de l’OTAN n’ont pas dû vouloir d’une épreuve de force au sol» avance Karim Pakzad, chercheur associé à l’IRIS l’Institut de recherches internationales et stratégiques. Le bilan est lourd. L’armée allemande, en charge de ce secteur, a d’abord affirmé que seuls des combattants ennemis avaient été touchés, avant qu’un autre porte-parole convienne que des civils avaient pu être tués. Plus de 90 personnes, dont de nombreux civils et des enfants, selon les autorités afghanes. Des bilans contradictoires emblématiques de la gêne provoquée par cette affaire.

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