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Comment les directeurs d’entreprise s’informent-ils? samedi 13 août 2011

«Les infos s’obtiennent entre quatre yeux»

(Photo: Keystone)

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Antoinette Hunziker-Ebneter estime que le savoir vient d’un réseau bien entretenu

Antoinette Hunziker-Ebneter a présidé à la création puis à la destinée de la bourse électronique suisse, ce qui ne l’a nullement conduite à s’entourer des nouveaux instruments de communication et d’information. Elle a créé il y a 4 ans, avec des partenaires, une société de gestion sur l’investissement socialement responsable. Et ce n’est qu’à cette fin qu’elle emploie pleinement le potentiel des nouveaux moyens IT. C’est un moyen, mais ni fin ni une passion. Elle va même jusqu’à penser que son refus de l’iPhone, du Black­Berry et de l’iPad est un luxe, celui de pouvoir se retirer au calme pour penser librement et lire. L’efficacité au travail est assurée, car elle passe chaque jour au bureau ou utilise son bureau à la maison.

Elle apprécie son travail parce qu’il contribue à l’augmentation durable de la qualité de vie et crée des emplois. Un message qui rencontre un écho favorable puisque l’entreprise n’a aucune peine à recruter, même si elle ne promet aucun versement de bonus.

Elle s’informe chaque matin d’abord avec la NZZ et s’évertue ensuite à comparer les comptes rendus du Tages-Anzeiger et de la Finanz und Wirtschaft. Mais pourquoi pas l’iPad ou l’iPhone? Sans doute pas la difficulté à comprendre leur fonctionnement. «C’est peut-être démodé, mais j’aime bien lire mon journal au déjeuner», explique-t-elle.

De son logement, à Kilchberg près de Zurich, elle rejoint son bureau avec le bus en vingt minutes.

La réflexion et la lecture l’accompagnent longuement. «Je lis durant environ quatre heures chaque jour au travail», précise-t-elle. Dans l’investissement durable, il n’existe ni magazine ni journal spécialisé, mais des articles ponctuels dans les médias traditionnels ou les revues sur l’énergie. Active dans la gestion de fortune, Antoinette Hunziker lit pourtant davantage d’articles et de documents scientifiques que financiers. L’appel à un réseau choisi de professeurs spécialisés est au cœur de sa quête de savoir. Mais c’est un réseau traditionnel, bien défini. Elle s’est refusée à entrer sur les réseaux sociaux, tels que Facebook. Les clients de Forma ­Futura eux-mêmes, souvent des chefs d’entreprise ou des professeurs, adorent présenter leurs innovations environnementales.

«Les entreprises envoient également des rapports environnementaux et sociaux. La qualité est très variée. Certains sont informatifs et d’autres ne sont qu’épais et jolis», explique-t-elle. Si les réponses sont insuffisantes, «alors nous posons des questions supplémentaires aux managers. Il est rare que le document suffise.» «Les meilleures informations ne peuvent être obtenues qu’entre quatre yeux», ajoute-t-elle.

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