Texte - +
Imprimer
Reproduire
Théâtre mercredi 20 juin 2012

Le Loup, une saison entre dépôt, vélo et Baricco

Le théâtre genevois présente un nouveau lieu et sa prochaine saison

Le dépôt. C’est le nouveau lieu de stockage de décors du Théâtre du Loup, collectif qui n’est jamais aussi bien servi que par lui-même. De la même manière qu’il s’est construit son propre théâtre pour moins d’un million de francs en 1993 – en cinq mois! –, le Loup, actif à Genève depuis 1978, vient de se trouver un entrepôt situé à côté de sa salle principale, rue de la Gravière. Seul problème: pour le moment, la Ville ne contribue pas à la location de cet espace, une ex-menuiserie en effet spectaculaire, et le Loup a dû compter avec cette dépense pour penser sa saison 2012-2013. Qui reste toutefois très croustillante, malgré cette entorse de 80 000 francs.

Les principes ont un coût. Jusque-là, le Loup stockait ses décors dans un entrepôt que lui prêtait la Ville de Genève dans le quartier de la Servette. Entrepôt qui va être démoli pour accueillir une nouvelle école. «Nous aurions pu faire de la résistance», note Sandro Rossetti, coresponsable du collectif avec Rossella Riccaboni et Eric Jeanmonod. «Mais une école est un beau projet, nous avons donc accepté de faire place nette en échange de nouveaux locaux prêtés par la Ville.» Malheureusement, les trois lieux proposés par la municipalité sont soit trop petits soit difficiles d’accès. D’où le beau dépôt, trouvaille spontanée dont les 400 m2, mezzanine comprise, permettront des expositions et des ateliers divers en plus du stockage.

C’est là, justement, dans les lumières douces d’un soir d’été, que le Loup a présenté sa prochaine saison. Qui compte trois créations, trois reprises – dont l’inusable Bon Gros Géant – et quatre festivals accueillis en amis.

A la rentrée, La Bâtie lance la partie. Avec, notamment, un immanquable: Les Aveugles, par Denis Marleau, incroyable mystification visuelle (6-9 sept.). Au rayon festivalier, le Fanfareduloup Orchestra se déploie en février, tandis que juin accueille le Festival Dansehabile (danse avec des personnes handicapées), et «C’est déjà demain», opération tremplin pour artistes émergents.

Conte onirique et guidon

Et les créations? Pour sa première mise en scène, Pietro ­Musillo ne choisit pas la facilité. Avec une belle distribution qui comprend entre autres François Florey et Camille Giacobino, le ­comédien va tenter de rendre «la syntaxe bousculée» d’Océan mer, conte onirique d’Alessandro Baricco (2-20 oct.). Même pari, du livre à la scène, pour Matthias ­Urban qui explore le massacre du langage imaginé par George Orwell dans 1984 (15- 27 mars). Enfin, La Petite Reine, création ­maison, «chantera le vélo dans une forme de cabaret cyclopé­dique», promet Eric Jeanmonod. Un spectacle où il sera question d’amour, d’orage et de guidon (7-26 mai).

I
nfos: 022 301 31 00,

www.theatreduloup.ch

Reproduire
Texte - +