Roman

La «Rengaine» déraillante de Julien Maret

Le premier roman de cet ancien élève de l’Institut littéraire suisse est publié par José Corti

Genre: Roman
Qui ? Julien Maret
Titre: Rengaine
Chez qui ? José Corti, 89 p.

Une chute, une glissade dans un tube, une gaine où le narrateur a dû s’enfiler et dont il ne sait si et quand il sortira. On pense à Michaux, à Beckett, plus loin, à Thomas Bernhard. Ces réminiscences n’encombrent pas trop, Julien Maret a trouvé un ton à lui dans ce monologue, son premier récit publié (à part quelques textes dans la revue en ligne Coaltar ( www.coaltar.net ).

Dans l’enfermement du tube parviennent des échos du dehors, des bribes de passé, des injonctions maternelles, des lambeaux de psychanalyse, le déchirement d’une rupture. On ne sait pas si cette glissade tient de la fuite ou du voyage initiatique. Elle semble vouée à l’échec puisqu’elle est cernée par l’«Aporie du commencement» et l’«Aporie de la fin». Entre deux, de courts chapitres que remplissent des phrases d’un souffle, sans ponctuation, qui suscitent un sentiment d’étouffement. Par moments, la langue dérape, quitte la logique; la grammaire bégaie, comme si les mots avaient été enfermés, eux aussi, secoués et jetés sur la page pour témoigner d’un désarroi ou d’une dérision. Rengaine: est-ce le spectre de la répétition qui hante le narrateur, ou une injonction, rengaine ton histoire, tes angoisses, ton discours, et vis? Julien Maret ne donne pas de clefs. Il a su trouver une langue et la faire dérailler.

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