Disparition

Michel Delpech, un ange s'est envolé

Le chanteur a succombé à un cancer qu'il avait publiquement évoqué. Il devait fêter fin janvier son 70e anniversaire.

On réécoute cette belle chanson, «J'étais un ange», dans laquelle Didier Barbelivien lui fait chanter qu'avant sa première cigarette, il était un ange. Etrange au moment où l'on apprenait, samedi en fin de soirée, qu'il était décédé d'un cancer de la gorge et de la langue. La maladie, ce grand fumeur qu'était Michel Delpech en avait parlé ouvertement, notamment dans son autobiographie «Vivre!», publiée en mars dernier. Suite à une rémission qui lui avait permis de brièvement chanter à nouveau, il annonçait alors une rechute, avant de confier à son ami Michel Drucker la lourde tâche d'annoncer qu'il était en fin de vie, en train de s'éteindre doucement, pour reprendre ses mots. On peut aussi réécouter – pour sa troublante dimension testamentaire – «La fin du chemin», le titre qu'il avait récemment enregistré pour la comédie musicale pour enfants «Dolly Bibble», et sur lequel il évoque ouvertement la mort.

Né le 26 janvier 1946 à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, Michel Delpech est décédé le mois de son 70e anniversaire. Depuis 1964 et son premier 45-tours, «Anatole», il aura sorti treize albums. En 1965, «Chez Laurette», l'une des plus belles chansons de son répertoire, lui permet de se faire largement connaître et lui vaut d'ouvrir l'Olympia pour Jacques Brel. Parmi ses plus grands succès, on peut également citer «Quand j'étais chanteur», «Pour un flirt», «Le Loir-et-Cher» ou «Wight Is Wight», sublime ballade dans laquelle il rend hommage au folk anglo-saxon qu'il aimait tant.

Michel Delpech, c'était une voix douce et caressante, une mélancolie diffuse au service de chansons légères, comme il l'avait jadis si bien chanter, et portées par des mélodies qui ont admirablement su passer l'épreuve du temps. Sur son dernier album, «Sexa», il interprétait un morceau écrit pour lui par Dominique A. Ce n'est pas un hasard: il restera comme un des maillons essentiels entre deux générations de chanteurs, entre la légèreté nonchalante des années 60-70 et l'élégance feutrée d'une nouvelle vague apparue au début des années 90.

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