Carnet noir

Michel Galabru est mort

L’acteur est décédé dans la 93e année. Il avait joué dans plus de 250 films, tout en estimant que «pour le public, je reste le type avec le képi»

Il avait plus de 250 films à son actif, sans compter les spectacles. Le comédien français Michel Galabru est décédé lundi matin à Paris «dans son sommeil», a annoncé sa famille. L'acteur était un des acteurs les plus populaires du théâtre et du cinéma français. Il avait 93 ans. «Il s'est endormi», a indiqué sa fille Emmanuelle.

Le Figaro, qui a donné l'information, indique qu'«au début du mois de novembre dernier, endeuillé par le décès de son épouse Claude et par celui de son frère Marc, le comédien a préféré annuler jusqu’à fin janvier les deux spectacles qu’il devait jouer».

Michel Galabru a mis sa faconde au service de nombreuses œuvres de répertoire et de boulevard, de films très grand public comme la série des «Gendarmes» de Jean Girault, ou plus exigeants comme «Le juge et l'assassin» de Bertrand Tavernier, qui lui avait valu un César du meilleur acteur en 1976.

A la Comédie-Française: Molière, Marivaux, Feydeau, Courteline

Fils d'un professeur à l'Ecole des Ponts et Chaussées, Michel Galabru était né le 27 octobre 1922 à Safi, au Maroc. Le baccalauréat en poche, il s'inscrit au Conservatoire national d'art dramatique de Paris. Il en ressortira avec deux premiers prix.

Pensionnaire à la Comédie-Française en 1950, Michel Galabru y joue les classiques – Molière, Marivaux, Feydeau, Courteline – avant de quitter cette institution en 1958.

Il triomphe alors dans des œuvres du répertoire et surtout du théâtre de boulevard. Parmi ses principaux succès on peut citer «La claque» (André Roussin), «L'Entourloupe» et «Monsieur Amédée»(Alain Reynaud-Fourton)", mais aussi «La femme du boulanger» (Marcel Pagnol), «Don Juan» ou «Le bourgeois gentilhomme» (Molière).

Voir: cette interview de 2007, «Pour le public, je reste le type avec le képi»

Son premier prix Molière... à 85 ans

En 2008, il obtient à 85 ans le premier Molière de sa carrière («meilleur comédien», la plus grande récompense du théâtre en France) pour son rôle dans «Les chaussettes opus 124», où il interprète avec génie un vieil acteur cabot qui tente un come-back.

Parallèlement, il mène une carrière au cinéma, à partir de 1951. Il fait ses débuts dans «Ma femme, ma vache et moi» (Jean-Devaivre). Son interprétation de l'adjudant Gerber dans la série des «Gendarmes» de Jean Girault le fait connaître à partir de 1964 d'un très large public.

Il tourne avec Georges Lautner, Michel Audiard, Claude Zidi, Pierre Tchernia. Acteur prolifique, Michel Galabru joue dans plus de 250 films dont beaucoup de nanards, mais aussi des films plus ambitieux, dirigé par Jean-Pierre Mocky, Luigi Commencini, Bertrand Blier ou Costa-Gavras.

Marié à deux reprises et père de trois enfants, Michel Galabru avait publié en 1996 un livre de souvenirs, «Je l'ai perdue au 18».

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