Carnet noir

Conteur des îles et des arbres, Michel Tournier n'est plus

L'écrivain français, auteur de «Vendredi ou les limbes du Pacifique» et du «Roi des Aulnes», est décédé lundi

Vendredi, cette fois, tellement au large. L'écrivain Michel Tournier est décédé lundi à l'âge de 91 ans, chez lui, non loin de Paris, ont indiqué ses proches. Les experts disent qu'il était considéré comme l'un des grands auteurs français de la seconde moitié du XXe siècle. Il a surtout embarqué tant de collégiens dans ses aventures...

Michel Tournier avait reçu le Prix Goncourt pour Le roi des Aulnes en 1970. En 1967, à 42 ans, il avait publié son premier roman, Vendredi ou les Limbes du Pacifique, vite devenu populaire. Le roman avait reçu le grand prix du roman de l'Académie française. Avec Le Roi des aulnes, l'écrivain remportait la mise complète en obtenant à l'unanimité le Prix Goncourt.

Ces deux romans resteront dans les mémoires de nombreux lecteurs de naguère, à qui Michel Tournier a fait découvrir à la fois un imaginaire de l'ailleurs, et une certaine poésie rurale.

Voir: Michel Tournier avec Bernard Pivot

Un ami de la Suisse

Au reste, l'écrivain était un ami de la Suisse, y compris dans les débats historiques qui lui tenaient à cœur. Dans une tribune publiée par «Le Temps» en 2003, il tempêtait: «Je bous de colère quand j'entends ou lis parfois des accusations formulées par des Français à l'égard de la politique de la Suisse pendant les années de guerre. A cette époque la Suisse n'était qu'un minuscule îlot de paix et de liberté cerné de tous côtés par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste. La France, c'était Pétain et Laval. Le Français qui ose la critiquer mérite un coup de pied au cul.»

Et il résumait : «Il reste que la Suisse reste pour moi un pays béni où je retourne régulièrement avec bonheur.»

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A propos de la lecture, Michel Tournier avait cette belle formule: «Celui qui lit possède des ailes qui lui permettent de s'enfuir dans des pays merveilleux... Ne pas lire, c'est ramper sur le sol comme un ver.»

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