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Dans les grands musées, seules 5% des œuvres sont visibles par le public

La vaste majorité des œuvres d’art détenues par les musées ne sont pas présentées au public, d’après une enquête de «Quartz»

Les grands musées ne présentent au public qu’environ 5% de leur collection à la fois. Le reste des pièces demeure en réserve, faute de place pour les exposer. Et bien que les expositions soient régulièrement renouvelées, un certain nombre de chefs-d’œuvre ne sont pour ainsi dire jamais présentés au public… C’est ce que démontre l’enquête réalisée par la revue en ligne américaine «Quartz» auprès de 20 musées prestigieux. De quoi s’interroger sur la mission de ces institutions culturelles.

Quelque 660 000 pièces dorment dans les réserves du Musée d’art et d’histoire (MAH) de Genève, autant de trésors invisibles pour le commun des mortels. Et cette situation n’a rien d’exceptionnel: tous les musées renommés possèdent de gigantesques réserves. La plupart d’entre eux ne communiquent pas la part de leur collection qui est exposée au public. Mais certains présentent leurs possessions sur le Web. Il suffit donc de comparer les pièces visibles sur Internet et celles présentes dans les salles pour se faire une idée. Ce que «Quartz» a fait pour 20 musées dans 7 pays différents, notamment le musée de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg, le Musée d’Art Moderne de Paris ou encore le Metropolitan Museum of Art de New-York (aucun musée suisse ne figure dans la liste).

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L’enquête porte en particulier sur les œuvres de 13 artistes d’envergure, dont on peut s’attendre à ce que le travail soit mis en valeur: entre autres Claude Monet, Pablo Picasso, Egon Schiele ou encore Alexander Calder. Une des surprises vient du taux très variable d’œuvres exposées d’un artiste à l’autre. Alors que Claude Monet a semble-t-il toutes les chances d’être présenté au public, ce n’était pas le cas d’Egon Schiele. Les musées étudiés par «Quartz» possèdent en tout 53 dessins de l’Autrichien. Mais aucun n’est exposé.

Œuvres trop fragiles

Les musées ont plusieurs bonnes raisons de garder leurs trésors en réserve. Certains objets n’ont pas vocation à être exposés, mais ont plutôt été acquis à des fins de recherche. D’autres encore sont trop fragiles. Et puis le rôle des musées n’est pas seulement de rendre les pièces visibles, mais aussi de préserver un patrimoine. Mais tout de même: l’écart entre collection et exposition est vraiment trop important, estime «Quartz». Et des sommes faramineuses doivent être déboursées pour conserver ces vastes possessions dans de bonnes conditions.

Alors, que faire pour améliorer la situation? Les musées pourraient vendre les objets qu’ils n’exploitent pas. Mais cette pratique n’est pas populaire. Moins drastique, certaines institutions adaptent leurs réserves afin de les rendre accessibles aux visiteurs. Il est aussi envisageable de développer les échanges d’œuvres ou les achats en commun.

Enfin, les musées sont de plus en plus nombreux à numériser tout ou partie de leurs collections. Certes, la découverte online d’une toile de maître ne remplace pas sa rencontre au détour d’une salle de musée. Mais cette pratique a l’avantage de démocratiser largement l’accès à des pièces d’exception.

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