Humour

Math Podcast, 
le youtubeur youtubé

Le jeune Montpelliérain cartonnait 
avec ses vidéos humoristiques. 
Jusqu’à ce qu’il avoue avoir plagié 
les sketches de comiques américains. Depuis, c’est l’enfer. La célébrité 2.0 
a aussi ses revers

Avec sa tête de mignon minot et son débit de staccato, Math Podcast est l’une de ces stars des ados qui publie sur YouTube ses petites vidéos. Des capsules sur le quotidien d’un type de 19 ans (de son vrai nom Mathieu Richard) dans la droite ligne de celles de Cyprien et de Norman, et dont la jeunesse raffole. Jusqu’à il y a dix jours. Certains participants du forum Jeuxvideo.com s’étonnaient alors de la correspondance, mot pour mot et parfois au plan près, entre les sketches de Math Podcast et ceux de l’Américain Motoki Maxted. Poussé dans les cordes, le premier a finalement dû admettre qu’il avait tout pompé au second. Le youtubeur l’a même dit sur NRJ12 au micro de l’émission de Sébastien Cauet dans laquelle jadis il a été stagiaire: «Il y a un truc que je ne sais pas faire, c’est écrire. J’ai eu la bonne idée de regarder des Américains et de reproduire, et puis il fallait que ça tombe et c’est tombé.» Et plutôt lourdement. Sur sa chaîne YouTube aux 430 000 abonnés, c’est la tempête de la haine qui se déchaîne dans les commentaires. Entre insultes et promesses de déchéance – «Ouch, t’es fini Math, ça va piquer pour toi» – le jeune Montpelliérain en prend pour son grade. La vidéo d’excuses publiée par le youtubeur n’a rien arrangé à l’affaire. Math Podcast y filme son mea culpa en reprenant les messages d’excuses célèbres ânonnées par DSK, Karim Benzema ou Jérôme Cahuzac. Le plagieur qui plagie son pardon? Un clin d’œil que les internautes ont plutôt mal pris. Depuis, du côté Podcast, c’est le silence radio.

Descente aux enfers

Alors qu’est-ce que risque le youtubeur? Juridiquement pas grand-chose. YouTube possède un algorithme capable de repérer automatiquement les copies (de film par exemple) soumises aux droits d’auteur et de les retirer. Mais aucun susceptible de déterminer si une vidéo s’inspire d’une autre. Dans ce cas, la plateforme encourage un règlement à l’amiable entre les deux auteurs. Motoki Maxted, le plagié, pourrait ainsi réclamer des dommages et intérêts en actionnant le droit américain. Le processus est compliqué et sans garantie d’aboutir. Aux dernières nouvelles, le youtubeur de l’Ohio n’aurait pas l’intention d’aller jusque-là. Populairement, par contre, c’est la descente aux enfers. Et la popularité sur YouTube, c’est le nerf de la guerre. Depuis deux semaines le nombre de «dislike» (l’icône avec le pouce en bas comme dans la Rome de César) augmente au bas des vidéos de Math Podcast. Au point de parfois dépasser le compteur de «like» (celle avec le pouce en haut). «L’univers de YouTube est terrible, confirme Alissia, 20 ans, qui a tenté l’aventure de l’humour en streaming, mais a finalement renoncé. «Au moindre faux pas, les gens vous descendent. Il faut être mentalement solide, encaisser les coups en essayant de faire mieux la prochaine fois. La célébrité 2.0 peut être extrêmement cruelle. Dans l’immédiat pour Math, ça va être compliqué de se relever.»

Le cas PewDiePie

D’autant que l’affaire va sans doute remettre en question les contrats commerciaux qui lient le youtubeur à des marques, un peu comme dans le cas d’un sportif convaincu de dopage. Le site d’information Melty a ainsi retiré une heure après sa publication l’article sur le plagiat: une autocensure que l’entreprise justifiait par le fait qu’elle rémunère Math Podcast à l’année pour des vidéos exclusives. Sébastien Cauet, de son côté, a tenu à défendre son ancien poulain, arguant que le plagiat sur Internet se trouve absolument partout et que Math Podcast rendait hommage à ses collègues américains. Le remède a été pire que le mal: le harcèlement contre le jeune Français a décuplé.
Reste le cas du Suédois PewDiePie (Felix Arvid Ulf Kjellberg à la ville), le plus gros youtubeur du monde aux 42 millions d’abonnés, celui qui se filme testant des jeux vidéo en hurlant à la mort. Son succès a fait école. On ne compte plus le nombre de disciples qui s’en inspirent en espérant grappiller les miettes de sa notoriété. Et l’argent qui va avec. PewDiePie laisse faire. Comme le Parisien Florent Hauchard (alias Squeezie) qui opère exactement de la même manière. Les accusations régulières de plagiat qu’il réfute en bloc n’ont pas entamé son succès: avec Cyprien, Norman et Remi Gaillard, Squeezie appartient au carré des youtubeurs les plus regardés de France. 

Publicité