Le Human Brain Project est bel et bien retenu par l’Union européenne dans son concours au milliard d’euros de subvention sur dix ans. Le projet de l’EPFL veut d’ores et déjà ratisser plus large, vers les Etats-Unis et le Moyen-Orient
L’infiniment petit au cœur des deux projets. Les neurones et leur fonctionnement. Images de synthèse. (blue brain project)

Le «Human Brain Project», basé à l’EPFL, serait l’un des deux lauréats du concours européen FET Flagships; la confirmation officielle tombera lundi 28 janvier à Bruxelles. Ce projet pharaonique et controversé vise à simuler les 100 milliards de neurones et leur fonctionnement. L’autre initiative lauréate s’intéressera au graphène, nouveau matériau aux propriétés exceptionnelles.
Colonne corticale de rat. Cette structure qui se répète à l’envi dans le cerveau est constituée de quelque 10 000 neurones. Les chercheurs de l’EPFL sont parvenus à la reconstituer sur ordinateur, et à y générer une activité. (Blue Brain Project/EPFL)

Dirigé depuis l’EPFL, le Human Brain Project veut parvenir d’ici à dix ans à simuler le cerveau sur ordinateur. Vu les sommes engagées (jusqu’à un milliard d’euros sur dix ans) et les promesses de thérapies médicales engagées, l’initiative suscite un vif débat parmi les neuroscientifiques
Des chercheurs de l’EPFL ont simulé la construction de circuits cérébraux. Ce sont les premiers résultats significatifs de l’ambitieux projet Blue Brain
Le Human Brain Project doit reproduire le cerveau sur ordinateur, afin de faire émerger une nouvelle intelligence. (DR)

L’UE a lancé hier six projets qui révolutionneront les technologies de l’information. Deux seront choisis en 2012 et soutenus à hauteur de 1 milliard d’euros sur 10 ans. Sur les six projets présélectionnés, trois sont coordonnés depuis la Suisse, à l’EPFL et l’EPFZ
Le graphène: une couche monoatomique de graphite, dans laquelle les atomes de carbone sont organisés en structures hexagonales. (Getty images)

Les multiples propriétés de ce matériau résistant, flexible, conducteur et transparent suscitent beaucoup d’attentes
Des microcapteurs glissés dans nos vêtements pour surveiller notre état de santé: c’est ce que prévoit le projet Guardian Angels
José del R. Millan, professeur au Centre de neuroprothèses de l’EPFL à côté d’un chercheur qui guide son fauteuil roulant par la pensée. (veroniquebotteron.com)

Le projet Guardian Angels veillera à notre sécurité. Différents laboratoires de l’EPFL ouvrent leurs portes
Est-ce réaliste de vouloir modéliser la société? Les modèles existent depuis des lustres, dans divers domaines. Cela fonctionne bien lorsque les paramètres sont peu nombreux et la complexité moindre. Pour simuler la foule du pèlerinage musulman, par exemple: tout le monde va dans la même direction, avec un but précis. (Mahmud Hams/AFP)

Le vaste projet européen FuturICT, codirigé depuis l’EPF de Zurich, veut créer un superordinateur pour simuler et prédire le «fonctionnement» du monde et de ses acteurs, les crises, les catastrophes… Créer en quelque sorte une «boule de cristal sociologique»
Interface. La société zurichoise Nhumi cartographie l’information du corps humain, sur le modèle des systèmes géographiques comme Google Maps. (NHUMI)

Le projet européen «Flagship» IT Future of Medicine prévoit de créer des modèles virtuels des patients, afin d’offrir à chacun une prise en charge personnalisée
Le projet européen «Flagship» «Robot Companions for Citizens» (RoboCom) entend populariser l’emploi de machines sensibles et intelligentes
La science des grandes infrastructures, des accélérateurs à particules, des télescopes géants, des réacteurs expérimentaux, des superordinateurs est-elle, comme le craignent certains, la ruine de la science telle que celle pratiquée traditionnellement par le chercheur dans son laboratoire?
Il surveille votre santé, détecte un éventuel infarctus, appelle les médecins au besoin. Et en plus, il ne consomme quasiment rien. Ce micro-compagnon, s’il est retenu par Bruxelles, ne verra pas le jour avant au moins 2022. On saura dans un an si ce projet suisse passe la rampe. Par Christian Piguet