SECURITE

Innovation et Technologie. Alpvision a développé une nouvelle solution pour combattre la contrefaçon

Le procédé de la start-up veveysanne permet de vérifier l'authenticité de tout objet en se basant sur son «empreinte». La solution est actuellement testée par les fabricants horlogers.

La contrefaçon de médicaments est un phénomène qui s'accroît non seulement dans les pays en développement mais aussi aux Etats-Unis et en Europe. Et cela pose un problème majeur de santé publique. Selon la Food and Drug Administration, elle concernerait environ 10% des médicaments commercialisés dans le monde, avec des inégalités importantes: par exemple plus de 60% des antipaludéens vendus au Vietnam et au Cambodge sont des copies.

Pour y remédier, la société veveysanne Alpvision a développé un concept de marquage invisible. «Nous protégeons un milliard d'emballages par année et travaillons avec le top 50 des sociétés pharmaceutiques», note Fred Jordan, cofondateur de la société qui possède plus de 35 brevets dans le monde entier pour protéger ses solutions. La technologie consiste à déposer des points de 30 micromètres de diamètre sur un emballage en utilisant les techniques standards d'impression industrielle. Invisibles à l'œil nu, ces points peuvent être automatiquement détectés avec un simple scanner digital. Ils correspondent à un code qui ne peut être déchiffré qu'avec le logiciel d'Alpvision. «Notre système est dix fois moins cher que les encres spéciales ou les hologrammes. Et la technologie est très simple à mettre en place pour assurer la traçabilité des médicaments», assure Fred Jordan.

Alpvision, dont le chiffre d'affaires annuel est en progression de 30%, a enregistré un bénéfice net de 2 millions de francs en 2007. «Nous sommes déjà certains que le bénéfice 2008 sera bien supérieur à celui de 2007. L'essentiel de nos ventes est devant nous», souligne le jeune entrepreneur, qui a conçu avec Martin Kutter un nouveau système de marquage.

Les deux associés, qui se sont rencontrés au Laboratoire de traitement des signaux de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ont développé une nouvelle solution pour accroître leur clientèle. «Comme il n'est pas possible de déposer nos points de sécurité sur une montre ou une pièce automobile, nous avons recherché un autre système», explique Fred Jordan.

En horlogerie, on constate des différences microscopiques dans la structure du bracelet, du cadran ou du dos de montre. Même produite en série, chaque montre est unique et possède sa propre «empreinte». Sur n'importe quelle surface, il y a des différences de structures que l'on peut observer. Il suffit d'enregistrer ces images lorsque la montre sort de production. Une fois sur le marché, il est possible de vérifier l'authenticité du produit grâce à l'appareil photo de son téléphone portable ou un scanner de bureau relié à un PC. L'image peut alors être envoyée à un serveur qui indique si c'est un vrai ou un faux modèle.

«Le concept paraît simple, mais cela nous a demandé deux années de recherche et une approche mathématique particulière pour que l'ordinateur puisse authentifier la montre et donner une réponse en moins de dix secondes, souligne Fred Jordan. Nous avons également développé un algorithme pour recadrer automatiquement les images prises par l'appareil photo.»

Le système est actuellement en test chez les fabricants horlogers. «Nous espérons signer notre premier contrat en 2009.» Rien de satisfaisant ne protège actuellement le secteur horloger, qui subit une montée en puissance de la contrefaçon. Au niveau de l'industrie horlogère suisse, les pertes dues au commerce illicite seraient estimées à 2 milliards de francs par année.

«Notre système de protection devrait également intéresser l'industrie automobile, le secteur de l'aéronautique, les composants électriques et électroniques», prévoit Fred Jordan. Alpvision, qui compte actuellement treize collaborateurs, prévoit également de prendre «l'empreinte» des moules servant à façonner des pièces industrielles. Chaque moule possède sa propre structure. En quelques clichés, il serait ainsi possible de sécuriser différentes lignes production.

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