politique monétaire

«Lier le franc à l’euro créerait de nouveaux problèmes»

Thomas Jordan, vice-président de la BNS, rejette tout idée d’arrimer le franc à l’euro. En revanche, la banque nationale a la possibilité d’intervenir en cas de nouveaux risques inflationnistes

Alors que le franc s’envolait mercredi vers de nouveaux sommets, Thomas Jordan, vice-président de la Banque nationale suisse, a fermement rejeté toute idée d’arrimer la monnaie helvétique à l’euro. «Notre mandat principal est d’assurer la stabilité des prix. Lier le franc à l’euro entraînerait de nouveaux problèmes, comme la hausse des taux d’intérêt en Suisse. En outre, une telle opération nécessiterait de modifier la Constitution. Nous ne pourrions plus assurer l’indépendance de notre politique monétaire», a-t-il rappelé mercredi à Zurich lors d’un podium de discussion organisé par l’Efficiency Club.

La banque nationale, très critiquée en raison de ses achats de devises en 2009 et 2010 qui ont grevé son bilan, renoncera-t-elle à l’avenir à toutes formes d’interventions? Thomas Jordan nuance: «Si de nouveaux signes de déflation apparaissent, nous avons la possibilité de prendre des mesures», a-t-il précisé lors d’une discussion à laquelle ont aussi pris part Leonhard Fischer, ex-patron de l’assureur Winterthur et directeur de la société RHJ International, et Pierin Vincenz, patron de Raiffeisen. Selon ce dernier, la BNS aurait davantage intérêt à soutenir les actions entreprises par l’UE pour stabiliser la crise de l’euro plutôt que d’intervenir sur les marchés des changes. Une proposition qui n’a pas enthousiasmé Thomas Jordan. Le vice-président a rappelé que la Suisse participe déjà à des actions de soutien via sa contribution au financement du FMI. Comment ramener le calme dans la zone euro? Pour Leonhard Fischer, une plus grande intervention politique est inévitable, car les coûts d’une désintégration de la zone euro seraient tout simplement «incalculables». Selon lui, les Etats devraient pouvoir émettre deux catégories d’emprunts. Les premiers seraient des obligations d’Etat classiques ne pouvant être émises que si les pays respectent certains critères d’endettement. Les seconds seraient constitués par des instruments plus risqués offrant un rendement plus élevé. L’ex-directeur de Winterthur, rappelle que l’UE, dans son ensemble, n’est pas surendettée, contrairement aux Etats-Unis. «La famille n’est pas en faillite, seuls certains de ses membres le sont», a-t-il déclaré.

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