Salaires

L’écart entre hauts et bas salaires reste important

Le syndicat Travail.Suisse a recensé 41 patrons qui «exagèrent»

Comme chaque année, le syndicat Travail.Suisse diffusera, par voie d’affiche, les photos des dirigeants qui gagnent au moins 100 fois plus que le salaire le plus bas versé dans leur entreprise.

En 2011, ils étaient 41, dont onze touchent un salaire variant entre 150 et 266 fois plus que le salaire minimum, constate le syndicat qui a présenté, lundi à Berne, la mise à jour de son étude. La crise du secteur bancaire a provoqué un léger bouleversement du classement, mais les noms des sociétés en tête de liste comprennent toujours Novartis, Roche ou Nestlé. Le syndicat constate que «quelques excès dantesques ont été corrigés, mais l’écart salarial s’est énormément agrandi dans le milieu du peloton».

Il pointe du doigt Lindt & Sprüngli, Kuoni, Implenia, Lonza ou la Bâloise. De 2002 à 2011, l’écart a augmenté de 225% chez Implenia, 180% chez Kuoni, et 165% chez Lonza. «La rémunération abusive est restée un virus contagieux chez les managers», affirme Susanne Blank, responsable de la politique économique auprès de Travail.Suisse.

En 2011, sur les 27 entreprises examinées, quinze ont réduit l’écart entre le salaire le plus haut et le plus bas, alors que douze l’ont augmenté. Depuis 2002, quatorze ont fait progresser cette différence (de 194% chez Lindt & Sprüngli ou 182% chez ABB), alors que treize l’ont réduite (de 54% chez Valora ou Ascom). Les grands patrons ne sont plus les mieux payés dans les grandes banques. Ce statut revient au deuxième cercle des managers. A ce sujet, le Financial Times constate que les salaires des quinze responsables des plus grandes banques américaines et européennes ont vu leurs salaires augmenter de 11,9% l’an dernier, après un bond de 36% en 2010. La tendance est à la hausse des salaires fixes et à la réduction de la part variable. Martin Flügel, président de Travail.Suisse, s’indigne: «Le fait qu’un simple collaborateur doive travailler plus de 100 ans s’il veut atteindre le salaire moyen d’un membre de la direction d’un grand groupe reste incompréhensible et scandaleux.»

Minder sans soutien

Le syndicat appuie l’initiative populaire des Jeunes socialistes qui veut limiter l’écart à douze. Le Conseil fédéral propose de rejeter ce texte qui entame la procédure parlementaire.

Par ailleurs, le délai de décision sur le retrait ou non de l’initiative «contre les rémunérations abusives» est échu. Son auteur, Thomas Minder, n’a pas répondu hier aux questions du Temps. Il prépare une information sur ses intentions d’ici à la fin de la semaine. Susanne Blank considère le texte du contre-projet, voté par le parlement, meilleur. «La mise en œuvre sera plus rapide et certaines contraintes de l’initiative, comme le vote des caisses de pension, me semblent inapplicables.»

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