Technologie

VisioSafe traque les voyageurs à la gare de Lausanne

La start-up issue de l’EPFL réalise une cartographie exacte du comportement des piétons, ce qui permettra aux CFF d’adapter les infrastructures à ces flux. Le nombre de passagers devrait s’élever à 100 000 en 2015 du côté de la gare lausannoise

Les murs de la gare de Lausanne sont truffés de dizaines de capteurs destinés à enregistrer les déplacements des usagers. Les CFF ont décidé de tenter l’expérience afin de remédier à l’engorgement des passagers aux heures de pointe. Chaque voyageur est géolocalisé sans qu’il ait à porter un quelconque appareil électronique.

Installés dans le courant de l’été à Lausanne, ces capteurs, conçus par la société lausannoise VisioSafe, permettent d’analyser un volume (près de 100 mètres cubes), tout en relayant cette information aux autres capteurs afin d’assurer le suivi du voyageur. «Nous ne captons pas d’images mais uniquement la position d’un individu ainsi que son parcours dans la gare, tient à préciser Alexandre Alahi. Nous réalisons une cartographie exacte du comportement des piétons.»

Des millions de données sont traitées et analysées en temps réel. Elles sont consultables via Internet sous forme de service web. «Nous offrons l’équivalent du Google analytique pour des espaces publics», explique le spécialiste en traitement des signaux, issu de l’EFPL.

D’autres gares, ensuite

«Le but est d’analyser et de connaître précisément les flux de piétons. Cela nous permettra d’aménager les infrastructures de la future gare de Lausanne pour qu’elles soient parfaitement adaptées aux flux piétonniers», explique Frédéric Revaz, porte-parole aux CFF. Aujourd’hui, 85 000 voyageurs y transitent quotidiennement. Les quais sont bondés ainsi que les sous-voies. La gare doit s’adapter au nombre toujours croissant de passagers qui devrait s’élever à 100 000 en 2015.

«Le budget total des études confiées à l’EPFL pour cette opération se monte à environ un million de francs», précise Frédéric Revaz.

D’autres gares vont également tenter l’expérience, tout comme des grands magasins et des galeries marchandes qui souhaitent identifier les zones les plus visitées.

L’innovation de VisioSafe réside dans sa capacité à analyser le trafic des personnes à distance. La technologie fait l’impasse sur le téléphone portable, contrairement aux autres solutions de géolocalisation à l’intérieur de bâtiment qui ont le vent en poupe dans le milieu du marketing. Ces services, pour leur part, orientent par exemple les consommateurs vers des produits particuliers, ou leur transmettent des offres promotionnelles géolocalisées, via les smartphones.

Filiale américaine

VisioSafe travaille avec Telefonica en Espagne qui souhaiterait distribuer la technologie romande à ses clients. «Nous avons également des contacts avec différents aéroports», précise Alexandre Alahi.

Créée en 2011 par Alain Alahi et son fils Alexandre, la start-up compte déjà environ 15 collaborateurs, essentiellement des développeurs. «Mon père avait déjà créé une société d’informatique aux Etats-Unis. C’est lui qui a principalement financé VisioSafe, précise son fils. Nous allons ouvrir une succursale en 2013, l’une aux Etats-Unis dans la Silicon Valley. Le siège restera en Suisse.»

VisioSafe possède une deuxième corde à son arc. La start-up commercialise depuis le début de l’année des systèmes d’alarme ou plus exactement des caméras de surveillance couplées au téléphone portable. Lorsqu’elles détectent une intrusion, une notification est immédiatement envoyée via smartphone. Il est alors possible de visionner et d’enregistrer l’événement à distance.

Une alliance avec Panasonic a été conclue. «La vente de nos caméras s’effectue directement via notre site internet, explique Alexandre Alahi. Il suffit de les brancher. Elles se connectent et se configurent toutes seules.»

Publicité