Musique

Après Bastian Baker, Coteries vise des artistes d’envergure internationale

En fondant sa propre start-up, qui propose une application mobile aux chanteurs, l’entrepreneur du Jura bernois Sébastien Flury se frotte à la réalité de la création d’entreprise, notamment l’absence de priorités claires et la difficulté de trouver des investisseurs

Après avoir fait HEC Lausanne et travaillé dans une banque, ­Sébastien Flury a vite compris qu’il était plutôt «start-up dépendant», comme le suggère son blog rédigé en anglais (www.startupolic.com), dans lequel il distille conseils et informe des rendez-vous à ne pas manquer. Si, pendant plusieurs années, il a accompagné moult jeunes pousses dans le cadre du parc technologique jurassien Creapole, le jeune homme de 32 ans est désormais confronté à la réalité avec sa propre start-up, Coteries, qu’il a basée où il vit en famille, à Corgémont (BE).

Et entreprendre, ce n’est pas si simple. Fondée avec deux partenaires, qui préfèrent l’anonymat, sa société développe le futur du CD, soit une application mobile destinée aux musiciens pour leur permettre de développer une vraie relation avec leur communauté de fans. «Grâce à l’application, entièrement designée pour lui, l’artiste se réapproprie sa communauté, car il récolte davantage d’informations sur les utilisateurs qu’en exploitant les réseaux sociaux classiques, explique l’entrepreneur. Cela fonctionne si l’artiste leur fournit, en plus d’une actualité de base, du contenu exclusif.» Cela peut être des chansons, des vidéos, du live streaming, des informations plus privées ou de nouvelles manières de consommer de la musique, comme le défilement des paroles sur le smartphone, illustre le fondateur.

Cette partie incluant du contenu privilégié n’est pas gratuite: 8 francs par année pour l’instant (répartis entre Apple, l’artiste et Coteries). A terme, on pourrait même imaginer qu’un chanteur adapte son concert en fonction du lieu, sachant les préférences de ses aficionados.

En décrochant le chanteur romand en vogue Bastian Baker et en lançant son application cet été, Coteries (qui signifie «groupe exclusif de personnes partageant le même intérêt») s’est offert une première visibilité, au niveau suisse. «Nous avons un partenariat sur plusieurs années», précise le dirigeant. Mais pour que la start-up génère des profits, les 5000 fans qui ont souscrit à l’univers de Bastian Baker – la start-up ne dévoile pas le nombre de convertis à la partie payante – ne suffiront pas.

«Nous avons signé avec une artiste d’envergure internationale, qui possède plus de 10 millions de fans, pour début 2014, mais je ne peux pas encore dire son nom. Et nous sommes en discussions avancées avec d’autres très grands artistes. Nous devons nous développer très vite, notamment au Royaume-Uni, car en Europe, c’est à Londres que se joue la scène musicale», poursuit Sébastien Flury. L’objectif est de séduire une dizaine d’artistes l’an prochain.

«Tout est prioritaire!»

La concurrence, comme Mobile Roadie à Los Angeles par exemple, est déjà bien présente. «Le business model de Coteries est très différent, dans la mesure où l’artiste génère un nouveau flux de revenus», assure son cofondateur. Pour croître plus vite, la société du Jura bernois s’est lancée à la quête d’investisseurs. Malgré un carnet d’adresses très rempli dans la scène entrepreneuriale helvétique, Sébastien Flury ne cache pas que, pour l’heure, il n’a pas encore réussi à décrocher le demi-million de francs nécessaire à accélérer son développement, sans se décourager pour autant. «La recherche d’investisseurs prend du temps, mais le plus difficile, c’est de mettre des priorités, insiste-t-il. En fait, dans une start-up, tout est prioritaire. Et la priorité, ce sont les clients!»

Courir après les venture capitalists, dénicher de nouveaux artistes, développer l’application Android, nouer des partenariats, participer à des concours pour start-up, rencontrer les médias. Les journées de l’entrepreneur-blogueur sont bien chargées. «Mais avec beaucoup d’énergie, de la passion et une femme compréhensive, on y arrive…», conclut-il.

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