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Ringier devient l’actionnaire majoritaire du «Temps»

Le groupe de presse zurichois possède désormais 92% des parts du titre. «Tout est ouvert» pour la suite

Ringier devient l’actionnaire majoritaire du «Temps»

Presse Le groupe de presse zurichois possède désormais 92% des parts du titre. «Tout est ouvert» pour la suite

Ringier, qui possédait déjà 46,25% du journal Le Temps, reprend la participation de 46,25% détenue par Tamedia, pour une somme non divulguée, mais généralement estimée à 9 millions de francs. Les deux groupes de presse zurichois avaient annoncé l’automne dernier vouloir céder le titre à un actionnaire majoritaire unique, mieux à même de développer le titre.

Le choix s’est porté sur Ringier, qui possède désormais 92% des parts. «Il s’agit de la meilleure solution pour Le Temps et nous nous engageons à maintenir le haut niveau de qualité du journal», a affirmé Daniel Pillard, directeur de Ringier Romandie, devant la rédaction vendredi. «Le journalisme est central pour nous. On y croit, et on y investit», a déclaré plus tard devant la presse le CEO de Ringier Marc Walder. «Le Temps reste le quotidien le plus important de Suisse romande. C’est une affaire de cœur», a-t-il dit.

Les deux groupes, qui réclamaient entre 18 et 20 millions de francs pour la vente du quotidien, ont écarté une vingtaine d’offres, dont la dernière émanait du Cercle des amis du Temps. Ce groupe qui rassemble 700 personnalités romandes avait mis sur la table 8 millions de francs pour acquérir le quotidien, auxquels s’ajoutaient 5 millions destinés à des investissements, notamment pour le développement de l’offre numérique. Le Cercle se tient néanmoins à la disposition de Ringier pour discuter d’une possible réunion de leurs forces. «Nous pourrions envisager une participation minoritaire, pour autant que les critères de l’indépendance du titre, le maintien de sa ­qualité éditoriale et une capacité d’innovation renouvelée soient maintenus», explique Olivier Vodoz, président du Cercle.

Ancrage à Genève

Pour Daniel Pillard, «le Cercle des amis du Temps représente un mouvement que nous ne pouvons ignorer. Il nous a permis de prendre conscience de l’importance de ce titre en Suisse romande et nous sommes ouverts à une association de nos forces, mais nous ne souhaitons pas retourner dans un ménage à deux.»

Le quotidien continuera à être imprimé à Bussigny jusqu’en 2016, date de la fin du contrat avec l’imprimerie romande de Tamedia. Ringier n’exclut pas le déménagement du siège de Genève à Lausanne, mais affirme être conscient de l’ancrage du titre à Genève. A présent s’ouvre «une période de transition, de dialogue et de mise à plat et tout est ouvert», selon Daniel Pillard. Prochaine étape: la Commission de la concurrence devra se prononcer sur la vente du Temps à Ringier, qui possède également L’Illustré, L’Hebdo, TV8 et Edelweiss.

Le groupe entend maintenir l’objectif de rendement de 8%. «Le Temps a besoin de nouveaux investissements et doit générer de l’argent», affirme Daniel Pillard. Mais, ajoute-t-il, «nous n’avons pas de projet éditorial ficelé dans les détails». Si des «synergies» sont évoquées entre le quotidien et L’Hebdo, une fusion est exclue à ce stade. Concernant les effectifs, «rien n’est décidé, souligne le directeur de Ringier Romandie. Le Temps devra se transformer. Mais aucun chiffre n’est arrêté.»

Les principaux syndicats des médias, Syndicom et Impressum, appellent le nouveau propriétaire à maintenir les ressources actuelles en personnel. «Les effectifs ne sauraient plus diminuer sans mettre en péril la qualité», souligne également la Société des rédacteurs et du personnel du Temps (SRP), qui attend «des investissements conséquents pour pouvoir assurer le développement du journal, dans le domaine numérique comme dans le papier ».

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