genève

Divorce du siècle: 4 milliards pour Elena Rybolovleva

L’oligarque russe Dmitri Rybolovlev se voit condamné à verser à sa femme, Elena Rybolovleva, la moitié de sa fortune, soit plus de 4 milliards de francs

L’ex-femme d’un oligarque obtient 4 milliards à Genève

Divorce Elena Rybolovleva touche la moitié des biens de son ex-mari. Ce dernier fait appel

Ce qui était surnommé depuis six ans le «divorce du siècle» n’en était pas un. Pas encore. En charge de la séparation de ce couple d’oligarques russes ayant longtemps résidé à Genève – Madame y vit toujours – la justice genevoise a prononcé la dissolution de leur mariage dans une décision en date du 13 mai, dont Le Temps a pris connaissance lundi.

Le Tribunal de première instance a condamné le milliardaire, aujourd’hui installé à Monaco, à «payer à Elena Rybolovleva CHF 4 020 555 987,90 au titre de la liquidation du régime matrimonial». Ce qui en fait la plus ­importante séparation jamais prononcée en Suisse. En attendant le versement d’une première ­tranche de 150 millions – «en espèces» – de la fortune du couple, Madame se verra octroyer une pension de 450 000 francs par trimestre. Celle-ci s’est vue confier par la justice l’autorité parentale et la garde de leur fille cadette, âgée de 13 ans.

Un «trou» à Cologny

Contactée lundi, l’avocate de Dmitri Rybolovlev indique sobrement que le «montant de la prétention» de 4 milliards «devra certainement faire l’objet d’un nouvel examen en appel et ne revêt donc pas un caractère définitif».

«Les considérants du jugement stigmatisent les mesures prises par M. Rybolovlev pour dissimuler, avec la complicité de tiers, ses biens et les soustraire à la justice», entonne de son côté le cabinet d’avocat genevois de Madame.

Une remarque qui fait écho à la condamnation de Monsieur, par le même jugement, à «attribuer l’entière propriété de sa part dans la propriété immobilière» du couple à Cologny (GE). Ce qui contredit ainsi le transfert, annoncé par l’oligarque, de sa moitié de la demeure à sa fille aînée. «Ce jugement a le mérite de confirmer la validité des trusts créés par M. Rybolovlev et des transferts d’actifs intervenus bien avant que son épouse ne lance cette procédure de divorce», assure-t-on pourtant dans l’entourage de l’actuel propriétaire du club de foot AS Monaco. Tout en répétant que «l’immunité du patrimoine placé dans [ces] structures – notamment pour le bien des enfants du couple – est assurée».

Celle qui partagea, plus de vingt ans durant, le destin d’un étudiant en médecine de Perm devenu baron des mines se voit également attribuer par la justice genevoise «une hypothèque de 130,5 millions» sur deux chalets à Gstaad. Rappelant la chanson de Boris Vian, le partage de l’inventaire ménager mentionne de la porcelaine de Sèvres. Un bureau plaqué de nacre. Un meuble Boulle.

Publicité