naufrage financier

La banque suisse liée à la galaxie Espirito Santo placée sous enquête

La Finma ouvre une procédure contre la Banque Privée Espirito Santo. Son rôle dans la diffusion d’emprunts du conglomérat portugais est dans le viseur.La banque organise sa propre liquidation

La banque suisse liée à la galaxie Espirito Santo placée sous enquête

Naufrage La Finma ouvre une procédure contre la Banque Privée Espirito Santo

Son rôle dans la diffusion d’emprunts du conglomérat portugais est dans le viseur

Sa liquidation est en cours

L’autorité de tutelle du secteur bancaire a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête pour vérifier si la Banque Privée Espirito Santo avait enfreint le droit de la surveillance. Faisant suite à une série de contrôles, cette procédure juridique «d’enforcement» vise à «déterminer quel rôle a joué cette banque suisse dans la distribution de titres Espirito Santo», indique la Finma. Les autorités portugaises s’interrogent de leur côté depuis le début du mois d’août sur le rôle joué par cet établissement – à qui étaient confiés plus de 5 milliards de dollars – dans la diffusion des emprunts du conglomérat portugais, au cours des mois ayant précédé son écroulement.

La Finma dit également enquêter sur la façon dont «les propriétaires de la banque» ont pu «influencer» cette distribution d’emprunts du groupe portugais auprès des clients d’une banque de Pully qui lui était historiquement liée. L’autorité fédérale pourrait donc clarifier si les dirigeants de la galaxie Espirito Santo se sont servis de la banque helvétique pour obtenir des souscriptions aux milliards d’euros d’emprunts contractés par le groupe pour se maintenir à flot.

Le conglomérat Espirito Santo coulé, ces emprunts n’ont plus guère de chances d’être remboursés. La Banque Privée Espirito Santo a ainsi annoncé à ses clients portugais dans un courrier – obtenu mardi par l’ Agence France-Presse – qu’ils ne pouvaient espérer récupérer plus de 2% de la valeur de leur titre de dette Espirito Santo International. Et au mieux 25% de leurs emprunts Rioforte, autre structure du groupe. Le cabinet d’avocats portugais CSA a indiqué à l’agence de presse que des clients s’apprêtaient à «engager des actions civiles, dans certains cas pénales» contre la banque suisse. Contactée, cette dernière répète n’avoir reçu qu’une seule plainte pénale en Suisse.

Cette enquête de la Finma est annoncée alors que la société installée dans les années 70 à Pully pour gérer la fortune de la famille Espirito Santo en exil poursuit son démantèlement. Mercredi, l’un de ses dirigeants a annoncé à L’Agefi le transfert d’une trentaine de ses 80 employés vers la Compagnie Bancaire Helvétique. Un accord avait été signé le 22 juillet avec cet établissement pour lui transférer «la majeure partie» de ses clients fortunés et des équipes à leur service.

Le reste de la clientèle, dont une partie de celle piégée sur les emprunts Espirito Santo, restera cantonné dans une Banque Privée Espirito Santo vouée à une liquidation qui pourrait être bouclée en «douze à dix-huit mois», selon les propos de son dirigeant dans L’Agefi. La cessation d’activité est gérée par les membres de son propre conseil d’administration. Selon un avis publié dans la Feuille du commerce, les créanciers de la banque – par exemple ses clients voulant lui réclamer de l’argent – doivent annoncer leurs prétentions d’ici à lundi prochain. L’avis officiel avertit que «la société se réserve le droit de demander une procédure de radiation anticipée». Sans vouloir se prononcer sur ce cas précis, un bon connaisseur du droit bancaire consulté hier admet «ne pas avoir le souvenir d’une liquidation de banque suisse, même petite, réglée en quelques mois».

Selon un avis officiel, les créanciers de la banque doivent se faire connaître d’ici au lundi 8 septembre

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