NUCLÉAIRE

Le lent redémarrage du parc nucléaire japonais

Deux réacteurs devraient être rallumés début 2015, alors qu’une quinzaine de tranches pourraient ne jamais être remises en route

Le lent redémarrage du parc nucléaire japonais

Au début de l’année prochaine, au cœur de l’hiver, l’électricien japonais Kyushu Electric va pouvoir redémarrer deux réacteurs de sa centrale située à Satsumasendai, au sud du pays. L’Autorité de sûreté du nucléaire, la NRA, a déjà validé cette relance, mais doit encore effectuer un ultime contrôle des installations dans les prochaines semaines, avant de délivrer le feu vert final.

Ces deux tranches seront alors les deux premières à reprendre leur activité dans un archipel dont les 48 réacteurs sont actuellement tous à l’arrêt.

Si cette décision a été saluée par le gouvernement de Shinzo Abe et par les grands industriels qui s’inquiètent de l’envolée des prix de l’électricité fournie par les autres centrales fonctionnant aux énergies fossiles, elle n’augure pas d’un redémarrage massif et rapide des réacteurs japonais. «Je ne mise plus que sur 5 ou 6 rallumages en 2015», souffle un industriel, qui pointe la méticulosité des contrôles de la NRA et l’extrême rigueur des standards de sûreté mis en place dans le pays après la catastrophe de Fukushima-Daiichi.

Ces nouvelles normes de sécurité interpellent même plusieurs électriciens, qui hésitent à entamer les travaux nécessaires à la mise à niveau de leurs installations, notamment dans les centrales les plus âgées.

Les analystes divisent dès lors grossièrement le parc japonais en quatre groupes de réacteurs. Ils estiment qu’une douzaine devraient voir la NRA valider sans encombre leur redémarrage dans les deux prochaines années. Une douzaine d’autres effectueront les travaux nécessaires à une relance, mais devront batailler plus longuement pour convaincre les autorités de sûreté.

Démantèlement des centrales obsolètes

Pour un troisième groupe, les électriciens s’interrogeront sur la pertinence économique de coûteux travaux de mise à niveau de leurs sites et se heurteront aux réticences du régulateur. Enfin, un dernier segment, comptant près d’une quinzaine de tranches, est déjà semble-t-il définitivement condamné au regard de la NRA. Plusieurs électriciens, tels que Kansai Electric Power ou Chugoku Electric Power, ont d’ailleurs commencé à envisager publiquement, eux-mêmes, le démantèlement de leurs réacteurs les plus obsolètes.

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